Parmi les notables décédés cette année se trouve tout d’abord al-Malik al-Muzaffar Taqi al-Din ‘Umar ibn Shahanshah ibn Ayyub. Il jouissait d’une grande considération auprès de son oncle, le sultan al-Malik al-Nasir Salah al-Din, qui le nomma gouverneur en Égypte ainsi que dans d’autres contrées. Par la suite, il lui concéda la ville de Hama et un grand nombre de cités alentours, de même que certaines régions de la Jazira. Il se trouva aux côtés de son oncle, le sultan, lors du siège d’Acre, puis lui demanda l’autorisation d’administrer ses possessions voisines de la Jazira et de l’Euphrate. Une fois arrivé sur ces terres, il s’y consacra entièrement et porta son regard vers la conquête de territoires appartenant aux souverains voisins, qu’il affronta.
C’est au milieu de ces campagnes qu’il trouva la mort, alors que le sultan Salah al-Din était irrité contre lui pour s’être détourné de ses affaires. Son corps fut transporté et inhumé à Hama, où il avait fait ériger une grande école de vaste envergure. Il possédait également à Damas une autre école fort renommée, dotée de nombreux biens légués à des fins pieuses.
Après son décès, son fils, al-Mansur Nasir al-Din Muhammad, lui succéda. Le roi Salah al-Din le maintint à ce poste après bien des efforts, mêlant promesses et menaces. Sans l’intervention du sultan al-Malik al-‘Adil Abu Bakr qui intercéda en sa faveur, il n’aurait pu occuper la place de son père, mais Dieu voulut le préserver. Taqi al-Din mourut un vendredi, le dix-neuvième jour du mois de Ramadan de cette même année. Il était d’un courage exemplaire, intrépide, plein d’audace, généreux et accompli.
Figure également parmi les défunts de cette année l’émir Husam al-Din Muhammad ibn ‘Umar ibn Lajin