Les fils furent emmenés, leurs biens furent pillés (1), on enchaîna les héros et on humilia les hommes ; mais la guerre est faite de revers successifs, et louange à Dieu en toute circonstance. [À ce moment-là] (2), le sultan — qu’Allah le soutienne — (3) ordonna à l’armée (4) de se retirer de cette position [trop étroite vers la suivante] (5), tandis que lui-même s’y maintint (6) pour observer ce qu’ils allaient faire et sur quoi ils misaient [alors qu’eux — qu’Allah les maudisse — étaient occupés à s’emparer de la ville et, stupéfaits, à amasser les biens tant en gros qu’en détail] (7).
Ensuite, le sultan se rendit au camp (8), accablé d’une tristesse (9) et d’une inquiétude que Dieu seul connaît [– Exalté soit-Il –] (10). Les rois musulmans, les émirs et les notables de l’État vinrent le consoler de ce qui s’était produit, [lui demandant comment la situation s’était finalement résolue] (11). Puis il entra en correspondance avec les rois francs afin d’obtenir la libération de ceux d’entre les musulmans qui se trouvaient entre leurs mains [les prisonniers de l’Islam] (12). Ils réclamèrent de lui un nombre équivalent des leurs (13), cent mille dinars et la Croix de la Crucifixion, si elle existait encore. Le sultan envoya donc qu’on apporte l’argent et la Croix, mais il ne put rassembler que six cents prisonniers. Les Francs exigèrent alors de voir la Croix de loin ; quand on la leur montra (14), ils se prosternèrent devant elle et se jetèrent à terre. Ensuite, ils lui demandèrent de leur livrer l’argent, les prisonniers et la Croix qu’il avait préparés, mais il refusa de le faire tant qu’ils ne lui auraient pas remis les captifs qu’ils détenaient ou ne lui auraient pas fourni des otages en échange. Ils répondirent : « Non, envoie-nous cela et fies-toi à notre bonne foi. » [Il comprit alors] (16) qu’ils avaient l’intention de le tromper et de le trahir ; il ne leur envoya donc rien de tout cela (17), et il ordonna qu’on le leur reprenne