Il contient un aspect étrange, et il relève des récits israélites (isrâ’îliyyât).
Israël a rapporté, d’après Abû Ḥuṣayn, d’après Khaythama, celui-ci ayant dit : « Jésus fils de Marie et Jean fils de Zacharie étaient cousins. Jésus portait un habit de laine et Jean un habit de poils. Aucun d’eux ne possédait ni dinar, ni dirham, ni esclave, ni servante, ni même un refuge où se retirer. Là où la nuit les surprenait, ils s’y installaient. »
Lorsqu’ils furent sur le point de se séparer, Jean dit à Jésus : « Donne-moi une recommandation. » Il lui répondit : « Ne te mets pas en colère. » Jean répliqua : « Je ne peux pas m’empêcher de me mettre en colère. » Jésus poursuivit : « Ne possède pas de biens. » Et Jean de dire : « Pour cela, peut-être y parviendrai-je. »
Les récits se contredisent quant à Wahb ibn Munabbih (1) sur le sort de Zacharie (que la paix soit sur lui) : est-il mort de mort naturelle ou a-t-il été tué ? Deux versions existent. Selon l’une, ʿAbd al-Munʿim ibn Idrîs ibn Sinân rapporte, au nom de son père, d’après Wahb ibn Munabbih, que Zacharie, fuyant son peuple, se réfugia dans un arbre. Eux vinrent, posèrent la scie sur le tronc et, lorsque la scie atteignit ses côtes, il gémit. Dieu lui révéla : « Si tu ne retiens pas ton gémissement, Je renverserai la Terre et tous ceux qui s’y trouvent. » Alors il cessa de gémir jusqu’à être coupé en deux.
Cela a également été rapporté dans un hadith remontant à l’autorité du Prophète, que nous citerons plus tard, si Dieu le veut. Selon un autre récit rapporté par Isḥāq ibn Bishr, d’après Idrîs ibn Sinân, d’après Wahb : celui pour qui l’arbre se fendit est Isaïe, tandis que Zacharie mourut de mort naturelle. Dieu est plus savant.
L’imam Aḥmad (2) a dit : « ʿAffân nous raconta : Abû Khalaf Mûsâ ibn Khalaf — qui était compté parmi les “budalâʾ” (3) — nous raconta : “Yahyâ ibn Abî Kathîr, d’après Zayd ibn Salâm, d’après son grand-père Mamtûr, d’après al-Ḥârith al-Ashʿarî, que le Prophète de Dieu (ﷺ) a dit :
“En vérité, Dieu ordonna à Yahyâ (Jean) fils de Zakariyya (Zacharie) de pratiquer cinq préceptes et d’ordonner aux Enfants d’Israël de les mettre en pratique. Il tarda cependant à les leur transmettre, si bien que Jésus (que la paix soit sur lui) lui dit : ‘Tu as reçu l’ordre d’appliquer ces cinq paroles et de les prescrire aux Enfants d’Israël. Ou bien tu les leur délivres, ou bien je m’en charge.’ Jean répondit : ‘Ô mon frère, je crains que, si tu me précèdes, je ne sois châtié ou que la terre ne m’engloutisse.’”
“Alors Jean rassembla les Enfants d’Israël au Temple de Jérusalem, au point que la mosquée fut pleine. Il s’assit sur une tribune, loua Dieu et l’exalta, puis déclara : ‘Dieu (Exalté soit-Il) m’a ordonné cinq paroles que je dois pratiquer moi-même et vous ordonner de pratiquer. La première est d’adorer Dieu sans rien Lui associer : c’est l’exemple d’un homme qui achète un esclave de son propre argent, en pièces d’argent ou d’or, et voilà que cet esclave sert un autre maître que lui, lui versant ses bénéfices. Lequel d’entre vous accepterait que son esclave agisse ainsi ? Or, Dieu vous a créés, Il vous a accordé votre subsistance, alors adorez-Le et n’associez rien à Lui.
‘Je vous ordonne ensuite d’accomplir la prière, car Dieu tourne Sa Face vers Son serviteur tant que celui-ci ne se détourne pas. Lors donc que vous priez, ne vous laissez pas distraire. Je vous ordonne également de jeûner : la comparaison est celle d’un homme détenant un flacon de musc au milieu d’un groupe, et tous sentent son parfum (4).
‘Et je vous ordonne enfin de faire l’aumône, car voici l’exemple : celui d’un homme que ses ennemis ont capturé ; ils lui attachent les mains au cou et s’apprêtent à le frapper…’”