Parmi ceux qui décédèrent cette année parmi les notables figure le roi des Allemands. En effet, cette année-là périt le roi des Allemands, qui était venu avec deux cent mille combattants – certains disent trois cent mille – depuis les confins de ses terres. Il traversa Constantinople et les régions au-delà, dans l’intention de s’emparer de l’ensemble du Bilād ach-Chām aux dépens des musulmans, prétendant agir ainsi pour défendre Jérusalem, que le sultan Ṣalāḥ ad-Dīn –qu’Allah le soutienne– avait reprise des mains des polythéistes. Cependant, l’armée de ce maudit ne cessa de s’amenuiser et de périr en chaque lieu et position, jusqu’à ce qu’Allah décrétât sa mort (qu’Il le maudisse) par noyade, comme Il anéantit Pharaon –qu’Allah les maudisse tous deux. Il était en effet descendu pour nager dans un fleuve, quand le courant l’emporta de force et le jeta contre le tronc d’un arbre, lui fracassant le crâne. Il mourut sur le champ, qu’Allah le maudisse.
Les Allemands donnèrent alors le pouvoir à son fils cadet, qui arriva avec les quelques rescapés de cette expédition, mais dont la force s’était effondrée. Ils rejoignirent leurs alliés à Acre au nombre de cinq mille combattants, ou selon certains au nombre d’un millier seulement. Les musulmans avaient redouté avec intensité l’annonce de leur venue et ressenti une grande inquiétude, mais Allah protégea les croyants du combat, car « Allah est Fort et Puissant » (Al-Aḥzāb, 25).
C’est également cette année que mourut Muḥammad ibn Muḥammad ibn ‘Abd Allāh, Abū Ḥāmid, Qāḍī al-quḍāt de Mossoul, Muḥyī ad-Dīn, fils de Qāḍī al-quḍāt Kamāl ad-Dīn, issu de la famille Shahrzūrī et de rite shafi‘ite. Al-‘Imād al-Kātimab fit son éloge et cita de lui les vers suivants :
« Des preuves se sont dressées en faveur de l’affirmation des attributs,
Brisant l’échine des imams de la négation.
Et lorsque les avant-gardes de la transcendance se sont avancées,
Elles ont défait ceux qui professent l’assimilation et l’anthropomorphisme. »