Au nom de Dieu, durant le mois de Dhu al-Hijja de cette année, l’émir Sayf ad-Dîn ‘Alî ibn Ahmad ibn al-Mashtûb était le chef de ceux qui entrèrent dans ‘Akkâ (Acre).
Le septième jour de Dhu al-Hijja, une large brèche s’ouvrit dans le rempart d’Acre. Les Francs s’y précipitèrent, mais les musulmans les devancèrent et comblèrent la brèche de leur propre poitrine, combattant pour la défendre en offrant leurs cous. Ils ne cessèrent de la protéger jusqu’à ce qu’ils la rebâtissent plus solide qu’auparavant, plus belle, plus imposante et plus éclatante.
Cette même année, une épidémie terrible frappa les deux armées, musulmane et infidèle. À ce sujet, le sultan disait :
[Du mètre majzû’ al-khafîf]
« Tuez-moi avec Mâlik… et tuez Mâlik avec moi. »
Au deuxième jour de Dhu al-Hijja de cette année, il se produisit la mort du fils du roi germanique — que Dieu le maudisse — ainsi que celle de plusieurs notables de la « kandaḥrîya » et de grands seigneurs francs — qu’ils soient maudits. Les Francs en furent profondément affligés et allumèrent un immense feu dans chaque tente. Chaque jour, cent ou deux cents d’entre eux trouvaient la mort. Certains demandèrent la protection du sultan, tant ils souffraient de la faim, du resserrement du siège et de la détresse. Nombre d’entre eux embrassèrent l’islam — louange et grâce à Dieu.
Durant ce même mois, le qâdî al-Fâdil arriva d’Égypte auprès du sultan. Chacun d’eux aspirait depuis longtemps à rencontrer l’autre, et ils se confièrent mutuellement leurs plans et projets qu’ils gardaient secrets, dans l’intérêt de la communauté musulmane. Arrivèrent également auprès du sultan le ministre intègre al-Muwaffiq et l’émir al-Mu’ayyad — que Dieu leur fasse miséricorde.