Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Que nul ne prenne pour adversaire qui que ce soit d’autre que ses propres actes, qu’il ne reproche qu’à lui-même, et qu’il ne place son espoir qu’en son Seigneur. Nous n’attendons pas que les armées s’accroissent, ni que les auxiliaires se présentent, ni que les biens soient amassés. Que personne ne se méprenne sur le grand nombre de troupes et de soutiens, ni sur tel individu auquel on se fie pour combattre, ni sur tel autre dont on attend le départ. Toutes ces choses ne sont que des distractions détournant de Dieu, car la victoire ne vient pas d’elles. Nous ne sommes pas à l’abri que Dieu nous abandonne à ces illusions ; la victoire provient de Lui et Sa bonté émane de Lui, de même que Sa bienveillance habituelle envers nous. Nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés, car si ceux-ci ne fermaient pas la voie à nos prières, la réponse que nous invoquons serait déjà descendue et l’effusion des larmes des humbles aurait déjà tout purifié. Toutefois, un obstacle se dresse sur ce chemin. Que Dieu réserve à notre maître la meilleure issue pour tout ce que Sa volonté a décidé dans le passé et ce qu’Elle décidera à l’avenir.

Dans une autre lettre, il exprime sa douleur face à la faiblesse que le sultan ressent dans son corps, causée par les lourdes charges qui pèsent sur son cœur du fait des épreuves qu’il traverse — qu’Allah le récompense. Il y déclare : « La seule chose qui attriste l’âme de ce serviteur est qu’il reste une trace de cette faiblesse dans le corps de notre maître, car il est dans nos cœurs et nous lui sacrifierions notre ouïe et notre vue. » Puis il dit :

[tiré du mètre poétique appelé “at-tawîl”]
« Nous, gens de service, partageons la moindre de tes souffrances…
Et s’ils craignent mes propos, qu’il n’en incombât qu’à moi seul. »

Le cheikh Shihâb ad-Dîn rapporte dans “ar-Rawdatayn” plusieurs lettres envoyées par le Qâdî al-Fâdil au sultan. Elles sont pleines d’éloquence, d’exhortations et d’encouragements au jihâd, [dépassant même ce que Sahlân pourrait exprimer, et dignes d’être écrites avec de l’or sur des colliers de rubis]. Qu’Allah fasse miséricorde à un homme si éloquent, à un vizir si sincère et à une raison si solide.

Ensuite, le Qâdî al-Fâdil rédigea une lettre éloquente au nom du sultan, destinée au roi du Maghreb, Émir des musulmans.

(1) T[exte] : « Qu’il ne dispute pas. » Rapporté dans al-Rawdatayn (2/167). (2) T : « Et ne te laisse pas séduire par la multitude des soldats et des auxiliaires. » (3) Rapporté seulement dans B. (4) Après lui, dans T : « Le succès vient seulement de Dieu. » (5) A : « et l’adoration. » (6) T : « et de. » (7) T : « par sa parole. » (8) Le vers dans al-Rawdatayn (2/167). (9) T : « le propriétaire. » (10) al-Rawdatayn (2/165-170). (11) Non présent dans T. (12) Non présent dans B. (13) A : « par le sultan. » (14) T : « roi de l’Occident. »
يستخصم (١) أحد إِلا عمله، ولا يلم إِلا نفسه، ولا يرجُ إِلا ربَّه (٢) ولا ننتظر العساكر أن تكثر، ولا الأعوان أن تحضر (٣) ، ولا الأموال أن تحصر، ولا يغتر بكثرة العساكر والأعوان، ولا فلان الذي يعتمد أن يقاتل، ولا فلان الذي ينتظر أن يسير، فكل هذه مشاغل عن الله ليس النصر بها (٤) ، ولا نأمن أن يكلنا الله إِليها، والنصر به واللطف منه، والعادة (٥) الجميلة له، ونستغفر الله تعالى من ذنوبنا، فلولا أنها تسدُّ طريق دعائنا، لكان جواب دعائنا قد نزل، وفيض دموع الخاشعين قد غسل، ولكن في طريق عائق، خار الله لمولانا في القضاء السابق واللاحق. وفي (٦) كتاب آخر يتألم فيه لما عند السلطان من الضعف في جسمه بسبب ما حمل على قلبه مما هو فيه من الشدائد، أثابه الله تعالى يقول في (٧) : وما في نفس المملوك شائنة إِلا بقية هذا الضعف الذي في جسم مولانا، فإِنه بقلوبنا، ونفديه بأسماعنا وأبصارنا، ثم قال (٨) : [من الطويل] بِنَا مَعْشَرَ الخُدّامِ ما بِكَ مِنْ أذىً … وَإِنْ أَشْفَقُوا مِمَّا أَقُولُ فَبِي وَحْدِي وقد أورد الشيخ شهاب الدين في (٩) "الروضتين" (١٠) في هذا المكان كتبًا عدَّة من الفاضل إِلى السلطان، فيها فصاحة وموعظة وتحضيض على الجهاد، [يعجز عن مثلها سحبان، وهي جديرة أن تكتب بماء الذهب على قلائد العقيان] (١١) ، فرحمه الله من إِنسان ما أفصحه، ومن وزير ما كان أنصحه، ومن عقل ما كان أرجحه. فصل (١٢) وكتب القاضي الفاضل كتابًا بليغًا على لسان (١٣) السلطان إِلى ملك المغرب (١٤) أمير المسلمين،
(١) ط: فلا يختصم. والخبر في الروضتين (٢/ ١٦٧). (٢) ط: ولا يغتر بكثرة العساكر والأعوان. (٣) عن ب وحدها. (٤) بعده في ط: وإنما النصر من عند الله. (٥) أ: والعبادة. (٦) ط: ومن. (٧) ط: بقوله. (٨) البيت في الروضتين (٢/ ١٦٧). (٩) ط: صاحب. (١٠) الروضتين (٢/ ١٦٥ - ١٧٠). (١١) ليس في ط. (١٢) ليس في ب. (١٣) أ: عن السلطان. (١٤) ط: ملك الغرب.

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