Voici donc le récit transmis par Ibn Isḥāq, qui fait partie des « mudallisîn »(1), et il utilise ici la forme « ʿanʿana ». Puis, ʿAbd al-Razzāq l’a rapporté d’après Maʿmar, d’après Qatāda, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, sous forme mursal. Par la suite, j’ai constaté qu’Ibn ʿAsākir l’a également rapporté par la chaîne de transmission passant par Abū Usāma, d’après Yaḥyā ibn Saʿīd al-Anṣārī.
Ibn ʿAsākir l’a ensuite rapporté selon la voie d’Ibrāhīm ibn Yaʿqūb al-Jūwzajānī, le prédicateur de Damas(2), qui a déclaré : « Muḥammad ibn al-Aṣbahānī nous a transmis », puis : « Abū Khālid al-Aḥmar nous a transmis », d’après Yaḥyā ibn Saʿīd, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, d’après ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, qui a dit : « Il n’y a personne qui rencontre Dieu sans un péché, à l’exception de Yaḥyā ibn Zakariyyā. » Puis il récita la parole de Dieu : « وَسَيِّدًا وَحَصُورًا » (Coran 3:39). Il souleva alors quelque chose du sol et dit : « Il n’avait avec lui que l’équivalent de ceci », puis il fut mis à mort, égorgé. Ce hadith, par cette chaîne de transmission, est transmis de manière mawqūf, et il est plus exact de le considérer comme tel plutôt que de l’élever (au statut de marfūʿ). Dieu sait mieux.
Ibn ʿAsākir l’a également rapporté par d’autres chaînes(3), dont l’une qui passe par Isḥāq ibn Bishr – jugé faible(4) – d’après ʿUthmān ibn Sāj(5), d’après Thawr ibn Yazīd, d’après Khālid ibn Maʿdān, d’après Muʿādh, d’après le Prophète ﷺ dans un sens proche. Il est aussi cité selon la voie d’Abū Dāwūd al-Ṭayālisī et d’autres, d’après al-Ḥakam ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Abī Nuʿm(6), d’après son père, d’après Abū Saʿīd, qui rapporte que le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Al-Ḥasan et al-Ḥusayn sont les maîtres des jeunes gens du Paradis, excepté mes deux cousins, Yaḥyā et ʿĪsā. »(7)
Abū Nuʿaym al-Ḥāfiẓ al-Aṣbahānī dit : « Ishāq ibn Aḥmad nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Yūsuf nous a rapporté, Aḥmad ibn Abī al-Ḥawārī nous a rapporté, j’ai entendu Abū Sulaymān dire : ʿĪsā ibn Maryam et Yaḥyā ibn Zakariyyā marchaient ensemble. Un jour, Yaḥyā heurta une femme. ʿĪsā lui dit : “Ô fils de ma tante, tu as commis aujourd’hui un péché dont je ne pense pas qu’il puisse jamais t’être pardonné.” Il répondit : “Et quel est-il, ô fils de ma tante ?” ʿĪsā dit : “Une femme que tu as bousculée.” Il dit : “Par Dieu, je ne m’en suis même pas rendu compte.” ʿĪsā répliqua : “Gloire à Dieu ! Ton corps est bien avec moi, mais où donc est ton esprit ?” Yaḥyā répondit : “Il est attaché au Trône. Et si mon cœur mettait sa confiance ne serait-ce qu’en Jibrīl, je penserais ne pas avoir connu Dieu ne fût-ce qu’un simple instant.” »