Le port, du côté des musulmans (1), fit qu’ils s’excusèrent en affirmant qu’ils étaient dominés par la force du vent, si bien qu’ils ne pouvaient ni s’arrêter ni se retirer (2). Ils poursuivirent ainsi jusqu’à ce qu’ils entrèrent dans le port et déchargèrent (3) la provision qu’ils transportaient. Or la guerre est une ruse. Ils dépassèrent le port, tandis que l’œil de l’incrédulité versait des larmes. La place s’emplit alors de bienfaits, de joie et s’enrichit. Cette réserve leur servit jusqu’à (4) l’arrivée de ces trois grandes embarcations égyptiennes (5).
Le port de la ville était encadré (6) de deux tours, dont l’une était appelée « la Tour des Mouches » (7). Les Francs avaient préparé un grand navire doté d’un bec (8) équipé de divers mécanismes (9). Lorsqu’ils voulaient le placer contre une partie des murailles ou une tour, ils le retournaient (10) et parvenaient à leur objectif (11). Ce navire causa grande inquiétude aux musulmans, qui ne cessèrent de chercher un moyen de le neutraliser, jusqu’à ce que Dieu fît tomber sur lui une flamme ardente qui le réduisit en cendres et le coula. En effet, les Francs y avaient entassé beaucoup de naphte et de gros bois, ainsi qu’une autre embarcation derrière, chargée exclusivement de bois, de sorte que (12) lorsque les musulmans entreprirent de combattre (13) au port depuis leurs propres vaisseaux (14), les Francs lancèrent du naphte sur le navire de bois, qui prit feu (15) alors qu’il naviguait parmi les bateaux musulmans. L’autre embarcation fut également consumée (16). Dans un autre navire, ils placèrent des combattants sous une voûte solidement aménagée. Puis, lorsqu’ils envoyèrent du naphte contre la Tour des Mouches (17), la situation se retourna contre eux par la puissance divine, [le Miséricordieux, le Très Miséricordieux] (18), à cause de la violence du vent cette nuit-là : l’incendie se limita à leur propre navire, qui s’embrasa, avant que les flammes ne se propagent à un autre navire, le faisant sombrer, puis atteignent le bâtiment de combat pour l’anéantir, causant ainsi leur perte (19).