À une certaine époque et en un certain lieu, ils étaient enlevés [de tous côtés] et massacrés comme on abat [des bêtes], jusqu’à ce que leur roi parvînt à franchir un fleuve dont le courant était très rapide. Son âme l’incita à s’y baigner et, lorsqu’il s’y engagea, le flot l’emporta jusqu’au tronc d’un arbre, lui ouvrit le crâne et mit fin à ses jours. Dieu [en délivra alors les musulmans, et son âme fut parmi les réprouvés] (3).
On éleva son plus jeune fils à la royauté après lui (4), mais leur unité se disloqua, et leur effectif [devint restreint] (5). Puis ils s’avancèrent sans traverser une seule contrée (6) sans y être tués. [Leur nombre se réduisit tellement qu’ils rejoignirent leurs compagnons assiégeant Acre à seulement mille cavaliers, sans importance ni valeur] (7) aux yeux de tous, qu’ils partagent leur foi ou non. [Telle est la Loi de Dieu à l’égard de qui veut contredire l’islam et ses adeptes : Il l’anéantit et disperse ses rangs. Louange et grâce à Dieu] (8).
Al-ʿImâd rapporte dans son récit que les Allemands arrivèrent au nombre de cinq mille combattants, et que tous les rois francs (9) abhorrèrent leur venue (10), car ils craignaient leur puissance (11) et redoutaient que leur royaume ne disparût au profit du leur. Seul le marquis, seigneur de Tyr, à l’origine (12) de cette discorde et de cette calamité – que Dieu le maudisse – s’en réjouit, car il s’appuya sur ces forces et leur ruse. Expert dans l’art de la guerre, il introduisit [de nombreuses nouveautés] (13) dans le domaine des engins de siège, que personne ne s’était encore imaginées. Il érigea des béliers semblables à des montagnes, dotés de roues et terminés par des pointes de métal pour heurter et briser (14) la muraille, en en rompant par endroits la structure. Mais Dieu, dans Sa bienveillance, permit qu’on les incendiât et les détruisît, épargnant ainsi les musulmans [de leur mal. À Dieu la louange] (15).
Alors, [le chef des Allemands] (16) leva l’armée franque et affronta l’armée musulmane [en lui livrant combat].