Huitièmement : Son décès
Finalement, le parcours de ce vénérable cheikh prit fin, et sa vie féconde et ses jours emplis de nobles œuvres, de bonnes actions et de paroles vertueuses s’achevèrent. Il perdit la vue vers la fin de sa vie, ce qui l’empêcha de mener à terme son grand ouvrage « Jâmiʿ al-Masânîd », comme il l’indiqua à l’un de ses élèves, Ibn al-Jazarî, en disant : « Je ne cessais de l’écrire la nuit alors que la lampe vacillait, jusqu’à ce que ma vue disparaisse en même temps qu’elle. » Certains estiment que cela se produisit durant la dernière année de sa vie, c’est-à-dire en l’an 774 de l’Hégire.
Les historiens s’accordent sur le fait qu’il mourut à Damas au mois de Shaʿbân de l’année 774 de l’Hégire. Ibn Hajar fixa la date de son décès au quinzième jour de Shaʿbân, tandis qu’Ibn Taghrî Bardî opta pour le jeudi vingt-sixième jour de Shaʿbân. Il s’agit là d’une erreur dont la correction exacte est le seizième jour de Shaʿbân (1), comme l’a souligné son élève al-Maqrîzî (2). La divergence ne tient en réalité qu’à la détermination du début du mois.
Damas accompagna son savant et historien lors de funérailles solennelles et imposantes. Il fut inhumé, selon sa volonté, dans le cimetière de Shaykh al-Islâm Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya, au cimetière as-Sûfiyyah (3), en dehors de Bâb an-Naṣr à Damas. L’un de ses disciples, le cheikh Muḥammad ibn Bahâdir az-Zarkashî, comme il a été mentionné précédemment, le pleura en ces termes :
« Pour ta perte, les chercheurs en sciences se sont affligés… Ils sont venus avec des pleurs que rien ne saurait tarir.
Et s’ils mêlaient leurs larmes avec le sang,
Ce serait encore trop peu en ton honneur, ô Ibn Kathîr. »
Qu’Allah accorde une grande miséricorde au ḥâfiẓ Ibn Kathîr et fasse de sa demeure finale les Jardins du délice, et qu’Il nous rassemble avec lui sous la bannière du Maître des Messagers, Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ﷺ.