Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Elle remit donc ses rênes entre ses mains, renonça à ses partisans, à ses troupes et à ses chefs. Lorsqu’elle eut conquis Safad, elle comprit qu’elle s’y trouvait enchaînée autant qu’elle l’était elle-même. Puis il se rendit de là au fort de Kawkab, berceau des Hospitaliers, tout comme Safad était une place forte des Templiers. Ceux-ci étaient, chez les Francs, la nation la plus haïe par le roi an-Nāsir Ṣalāḥ ad-Dīn, qui n’épargnait pratiquement aucun d’entre eux lorsqu’ils tombaient captifs. Il assiégea donc la forteresse de Kawkab jusqu’à la soumettre, tua ses combattants et en fit des prisonniers, libérant ainsi les passants du mal que leur infligeaient ses occupants. Ainsi, ces côtes furent pacifiées et les foyers de leurs habitants stabilisés.

Cela se déroulait alors que le ciel déversait la pluie, que les vents soufflaient, que les torrents grondaient et que l’on progressait dans la boue. Malgré tout, le sultan endurait ces conditions avec patience, persévérance et espoir de la récompense divine. Le juge al-Fāḍil se tenait à ses côtés, témoin vigilant de ces événements.

Le juge al-Fāḍil adressa, au nom du sultan, une lettre à son frère Sayf al-Islām, gouverneur du Yémen, pour l’inviter à se rendre en Syrie et secourir les musulmans, afin de combattre et tuer ces infidèles méprisables. En effet, le sultan avait résolu de faire le siège d’Antioche lui-même, tandis que Taqī ad-Dīn ‘Umar assiégerait Tripoli à la fin de l’année.

Puis le juge al-Fāḍil décida de se rendre dans les provinces d’Égypte. Le sultan l’accompagna pour lui faire ses adieux. Ensuite, il se dirigea vers la Noble Jérusalem où il accomplit la prière du vendredi et fêta l’Aïd al-Aḍḥā au Rocher de la mosquée al-Aqṣā. Il partit ensuite, en compagnie de son frère le sultan al-‘Ādil, vers Ascalon, avant de procéder à de nouvelles concessions territoriales.

(1) T : Ses partisans. (2) Se trouve uniquement dans T. (3) A : Il a été vérifié que lorsqu'il a ouvert Safed, les chaînes de celle-ci étaient jointes. (4) T : C'est la forteresse d'al-Isthārīya, ce qui est une erreur de copie. Le récit concernant les Hospitaliers (al-Isbtāriyya) a déjà été traité en notes en l'année 574 de ce volume. (5) Leur emplacement dans T : al-Sulṭān. (6) Absent dans A. (7) T : Son emprisonnement. (8) Leur emplacement dans T : min bihā (littéralement "ceux qu'elle possède"). (9) T : Et il s’installa. (10) T : Et c’est lui. (11) Leur emplacement dans T : al-Ghazwa (la bataille). (12) T : Et le juge vertueux écrivit à mon frère le sultan, seigneur du Yémen. (13) Absent dans T. (14) T : Et en vérité. (15) A : Il se limita. (16) Se trouve uniquement dans T. (17) T : Vers l’Égypte, le sultan le reçut, il entra ensuite à Jérusalem et y effectua la prière.
فألقت إِليه بقيادها، وتبرّأت من ناصريها (١) وأجنادها (٢) وقوادها، وتحققت لما فتحت صفد أنها مقرونة معها في أصفادها (٣) ، ثم سار منها إِلى حصن كوكب، وهي معدن الاسبتارية (٤) ، كما أن صفد كانت معقل الدّاوية- وكانوا أبغض أجناس الفرنج إِلى [الملك الناصر صلاح الدين] (٥) ، لا يكاد يترك منهم أحدًا [إِلا قتله] (٦) إِذا وقع في المأسورين، فحاصر قلعة كوكب حتى قهرها (٧) وقتل [مقاتلتها وأسرها] (٨) وأراح المارة من شر ساكنيها، وتمهدت تلك السواحل واستقرت (٩) بها منازل قاطنيها. هذا والسماء تصب والرياح تهب، والسيول تعب، والأرجل في الأوحال تخب، والسلطان (١٠) في كل ذلك صابر مصابر محتسب، وكان القاضي الفاضل معه في هذه [المواقف شاهد مرتقب] (١١) . وكتب القاضي الفاضل عن السلطان إِلى أخيه سيف الإسلام صاحب اليمن (١٢) يستدعيه إِلى الشام لنصرة أهل الإسلام، [وقتل الكفرة اللئام] (١٣) ، فإِنه (١٤) قد عزم على حصار (١٥) أنطاكية بنفسه، ويكون تقي الدين عمر (١٦) محاصرًا طرابلس إِذا انسلخ هذا العام، ثم عزم القاضي الفاضل على الدخول إِلى [الديار المصرية فسار السلطان معه لتوديعه، ثم عدل إِلى القدس الشريف فصلى] (١٧) فيه الجمعة وعيَّد فيه عيد الأضحى، بالصخرة من الأقصى، ثم سار ومعه أخوه السلطان العادل إِلى عسقلان، ثم أقطع
(١) ط: أنصارها. (٢) عن ط وحدها. (٣) أ: وتحققت أنها لما فتحت صفد أن تكون مقرونة أصفادها. (٤) ط: وهي معقل الاستثارية. وهو تصحيف. وقد تقدم الحديث عن الاسبتارية (Hospitalers) في هوامش سنة ٥٧٤ من هذا الجزء. (٥) مكانهما في ط: السلطان. (٦) ليس في أ. (٧) ط: أخذها. (٨) مكانهما في ط: من بها. (٩) ط: واستقر. (١٠) ط: وهو. (١١) مكانهما في ط: الغزوة. (١٢) ط: وكتب القاضي الفاضل إِلى أخي السلطان صاحب اليمن. (١٣) ليست في ط. (١٤) ط: وإِنه. (١٥) أ: حصر. (١٦) عن ط وحدها. (١٧) ط: إِلى مصر فودعه السلطان فدخل القدس فصلّى به.

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