Sachant qu’il sentait la lassitude de ses combattants et de ses auxiliaires, une trêve fut conclue pour une durée de sept mois. Le but du sultan était d’accorder du répit aux armées, épuisées par leurs efforts, et de soulager les âmes de leur fatigue. Le sultan envoya ensuite des émissaires pour récupérer les prisonniers, car la domination des chrétiens avait alors décliné. Puis il prit la route, et son fils al-Ẓāhir lui demanda de passer par Alep ; il accéda à cette demande et s’installa dans la citadelle de la ville pendant trois nuits. Son neveu, Taqī al-Dīn, l’appela ensuite à Ḥamā, où il séjourna une nuit dans la citadelle ; cette visite figurait parmi ses plus grands objectifs et désirs. C’est au cours de cette nuit-là qu’il lui remit Jabalé et Lattaquié. Il poursuivit ensuite sa marche vers la forteresse de Baalbek, entra aux bains de la cité, puis revint à Damas, assisté et victorieux, dans la joie et l’allégresse. Cet événement se déroula au début du mois de Ramaḍān ; la journée fut mémorable et l’accueil loué.
Le siège et la conquête d’al-Karak par les musulmans qui l’encerclaient donnèrent bientôt lieu à l’annonce de la bonne nouvelle : par grâce divine, la région fut ainsi délivrée, et les routes en furent facilitées pour les marchands, les combattants, les pèlerins et ceux qui accomplissent la ʿumra. « Ainsi fut anéantie la dernière partie de ces gens qui faisaient le mal, et louange à Dieu, Seigneur de l’univers » [al-Anʿām : 45].
Le sultan ne demeura à Damas que quelques jours avant de repartir avec ses armées en direction de Ṣafad, qu’il commença à assiéger dans la deuxième décade du mois de Ramaḍān. Il l’encercla à l’aide de catapultes et de braves combattants, tandis que le froid était si intense que l’eau gelait au matin. Il persévéra jusqu’à ce que la place forte se rende par un accord conclu le huitième jour de Shawwāl ; louange à Dieu en toute circonstance. Puis il se rendit à Ṣūr (Tyr).