L’affaire cachée s’effectue soit par l’écrit, comme l’ont dit Mujâhid et As-Suddî, soit par un signe, ainsi que l’ont également mentionné Mujâhid, Wahb et Qatâda (1).
Mujâhid, ‘Ikrima, Wahb, As-Suddî et Qatâda ont déclaré : « Sa langue s’est trouvée retenue sans qu’il fût atteint d’aucune maladie. » Ibn Zayd a dit : « Il récitait (les Écritures) et glorifiait Dieu, mais il ne pouvait s’adresser à personne. »
Quant à la Parole divine : « Ô Yahyâ, tiens fermement le Livre ! Et Nous lui avons donné la sagesse alors qu’il était enfant », Dieu – qu’Il soit exalté – annonce ici la réalisation de la promesse divine faite à son père Zakariyya (que la paix soit sur lui) et indique qu’Il lui a enseigné l’Écriture et la sagesse dès son plus jeune âge.
‘Abd Allâh ibn al-Mubârak rapporte que Ma‘mar a dit : « Les enfants dirent à Yahyâ ibn Zakariyya : “Viens jouer avec nous !” Il répondit : “Nous n’avons pas été créés pour jouer.” » Et il ajouta : « C’est ce que signifie la Parole : “Nous lui avons donné la sagesse alors qu’il était enfant.” » (2)
En ce qui concerne Sa Parole : « وَحَنَانًا مِنْ لَدُنَّا » (3), Ibn Jarîr rapporte d’après ‘Amr ibn Dînâr, lui-même d’après ‘Ikrima, puis Ibn ‘Abbâs, que ce dernier a dit : « Je ne sais pas ce que désigne le terme ḥanân. » D’après Ibn ‘Abbâs, Mujâhid, ‘Ikrima, Qatâda et ad-Dahhâk, « وَحَنَانًا مِنْ لَدُنَّا » signifie « une miséricorde de Notre part », par laquelle Nous avons fait miséricorde à Zakariyya et lui avons octroyé cet enfant. Quant à ‘Ikrima, il considère que « وَحَنَانًا » exprime un amour pour lui. Il se peut aussi que ce terme caractérise la tendresse de Yahyâ envers les gens, en particulier à l’égard de ses parents : son affection, sa bienveillance et le bon traitement qu’il leur accordait.
Pour ce qui est de la zakât, il s’agit de la pureté de l’âme et de l’éloignement de tout défaut ou vice. La piété (taqwâ) consiste à obéir à Dieu en se conformant à Ses ordres et en évitant Ses interdits.
Ensuite, Dieu rappelle la bonté de Yahyâ envers ses parents et son obéissance à leurs injonctions et interdictions. Il s’est abstenu de toute forme d’ingratitude, aussi bien en paroles qu’en actes. C’est ainsi qu’Il déclare : « وبارًّا بوالديه ولم يكن جبّارًا عصيًّا » (et il était bon envers ses père et mère et non point tyran désobéissant), puis : « وسلامٌ عليه يومَ وُلدَ ويومَ يموتُ ويومَ يُبعثُ حيًّا » (Que la paix soit sur lui le jour de sa naissance, le jour de sa mort et le jour où il sera ressuscité vivant).
Ces trois moments sont particulièrement pénibles pour l’être humain, car à chacun d’eux, il passe d’un monde à un autre. Il quitte le premier, auquel il s’était accoutumé, pour un nouveau dont il ignore tout. C’est pourquoi il pousse un cri en sortant du ventre maternel, alors qu’il quitte sa douceur et sa chaleur, pour entrer dans ce monde chargé de peines et de tourments.
De même, lorsqu’il quitte ce monde-ci pour le royaume du « barzakh », qui sépare cette demeure de la demeure ultime, il abandonne maisons (4) et palais pour gagner le lieu des morts, occupants des tombes. Il attendra là-bas le souffle dans la Trompe marquant le Jour de la Résurrection et de la Reddition des comptes, et les états seront multiples : certains seront comblés et d’autres perplexes, certains seront affligés et d’autres anéantis. Entre ceux qui seront rétablis (5) et ceux qui seront brisés, il y aura une partie des hommes promise au Paradis et une autre promise au Feu.
Et l’on ne saurait mieux dire que ce poète qui s’exprime ainsi :
« Ta mère t’a mis(e) au monde dans les pleurs et les cris, tandis que les gens autour de toi riaient de joie.
Efforce-toi donc de faire en sorte que, le jour où ils pleureront ta mort, tu sois celui qui rit dans la félicité. »