On rapporte de la part de ‘Abd al-Mughîth qu’un certain calife – je pense qu’il s’agissait d’an-Nâsir – vint le voir incognito (1). Le shaykh ‘Abd al-Mughîth le reconnut alors, sans toutefois l’en informer (2). Le calife l’interrogea au sujet de Yazîd, demandant s’il convenait de le maudire ou non. ‘Abd al-Mughîth répondit : « Je ne permets pas qu’on le maudisse (3), car si j’ouvrais cette porte, les gens finiraient par maudire notre calife (4). » Le calife (5) demanda : « Et pourquoi donc ? » ‘Abd al-Mughîth répliqua : « Parce qu’il commet maintes choses répréhensibles, parmi lesquelles ceci et cela. » Alors, il se mit à énumérer (6) devant lui ses actes détestables et les interdits auxquels il se livrait, afin qu’il s’en abstienne. Le calife le laissa et partit, profondément touché par ses paroles (7), dont il tira profit. [Sa mort survint ensuite] (8) durant le mois de Muharram de cette année-là, [qu’Allah lui fasse miséricorde] (9).
[Ibn Ẓafar l’ascète] (10) : Cette même année, mourut le shaykh ‘Alî ibn Khaṭṭâb ibn Ẓafar (11), un serviteur dévot et ascète, compté parmi les hommes pieux et doués de prodiges, qui résidait sur l’Île d’Ibn ‘Umar. Ibn al-Athîr déclare dans « al-Kâmil » : « Je n’ai pas rencontré son pareil quant à la douceur de son caractère, son allure, ses miracles et sa piété » (12). Qu’Allah lui fasse miséricorde.
L’émir Shams ad-Dîn Muḥammad ibn ‘Abd al-Malik ibn Muqaddam (13) fut l’un des lieutenants [du roi an-Nâsir] (14) Ṣalâḥ ad-Dîn. Lorsque (15) la Maison sacrée fut conquise, un groupe de gens, au temps du pèlerinage, revêtit l’iḥrâm à partir de ce lieu pour se rendre à la Mosquée sacrée. Ainsi, (16) Ibn Muqaddam fut l’émir du pèlerinage cette année-là. Puis, lorsqu’ils arrivèrent (17) à ‘Arafât, il fut fouetté.