Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque le sultan eut achevé ces guerres et dissipé ces afflictions qui pesaient sur les musulmans, il retourna à Damas, soutenu et victorieux, réjouissant les regards et comblant les cœurs. Les émissaires des rois affluèrent pour le féliciter depuis toutes les contrées et les provinces, lui apportant des présents et des offrandes qui éblouissaient la vue.

Le calife écrivit ensuite au sultan pour lui adresser des reproches au sujet de plusieurs points. Il lui reprochait notamment d’avoir dépêché, pour annoncer la victoire à Hittîn, un jeune homme originaire de Bagdad jugé insignifiant à leurs yeux, de lui avoir fait parvenir la nouvelle de la conquête de la noble Jérusalem par le biais d’un simple messager, et de s’être attribué le titre de « roi An-Nâsir » en imitation du calife An-Nâsir. Le sultan accueillit ces critiques avec amabilité et courtoisie, ne laissant transparaître que soumission et obéissance. Il envoya des explications quant à ce qui s’était passé, indiquant que la guerre l’avait accaparé au point de ne pas pouvoir réfléchir suffisamment à nombre de questions. Quant à son titre d’an-Nâsir, il précisa qu’il remontait déjà au temps du calife al-Mustadî’, et il ajouta que, quel que soit le titre dont l’honorerait le Commandeur des croyants, il y resterait fidèle. Il se comporta envers le calife avec la plus grande politesse, bien qu’il fût en mesure de s’en dispenser, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Cette même année, il se produisit une bataille de grande envergure dans les régions de l’Inde, opposant le roi Chihâb ad-Dîn al-Ghûrî, souverain de Ghazna, et le puissant roi de l’Inde. Les Indiens arrivèrent en masse, accompagnés de quatorze éléphants. Ils s’affrontèrent alors et livrèrent un combat acharné. L’aile droite et l’aile gauche des musulmans prirent la fuite, et l’on conseilla au roi de sauver sa vie. Toutefois, ces paroles ne firent que décupler sa vaillance : il chargea les éléphants et en blessa quelques-uns – or la blessure d’un éléphant ne guérit jamais. L’un des cornacs le frappa d’une lance au bras, l’atteignant de part en part, et il tomba à terre, inanimé. Les Indiens le chargèrent pour le capturer, mais ses compagnons s’interposèrent afin de le protéger et engagèrent à ses côtés un combat d’une rare violence, jamais entendue jusque-là, et ils finirent par l’emporter.

(1) L'expression n'est pas dans A. Elle se trouve dans T : « Et quand il eut fini ces choses, il retourna. » (2) T : « Et il envoya les rois vers lui. » (3) Ce qui est entre parenthèses se trouve dans T avant la ligne. (4) T : « un jeune homme bagdadien. » (5) A, B : « Alors il reçut la terreur. » (6) T : « il a dit », B : « et il était. » (7) T : « de cela. » (8) T : « Alors, je ne m’éloigne pas de lui. » (9) N’est pas dans A. (10) Se trouve uniquement dans T. (11) N’est pas dans T. (12) A : « Alors l’Inde s’est déchaînée contre lui. » (13) T : « Fajāḥif, et ḥājif, Muhājafa : défenseur, et son origine vient de ḥajafa, signifiant quand on se protège avec un ḥajifa, qui est un bouclier en cuir clouté. Cf. Asās al-Balāgha, al-Qāmūs, et al-Lisān. » (14) T : « avec quelque chose de similaire dans la position. »
[ولما فرغ السلطان من هذه الحروب، وأزال عن المسلمين تلك الكروب] (١) عاد إِلى دمشق مؤيَّدًا منصورًا، أبهج العيون، وسَرَّ القلوب، وجاءته رسل الملوك (٢) بالتهاني [من سائر الأقطار والأمصار] (٣) والتحف والهدايا التي تبهر الأبصار، وكتب الخليفة إِلى السلطان يعتب عليه في أشياء، منها أنه بعث إِليه في بشارة الفتح بوقعة حطين مع شاب بغدادي (٤) كان وضيعًا عندهم، لا قدر له ولا قيمة، وأرسل بفتح القدس الشريف مع نجّاب، ولقَّب نفسه الملك الناصر مضاهاةً للخليفة الناصر. فتلقى ذلك (٥) بالبِشر واللطف ولم يظهر له إِلا السمع والطاعة، وأرسل يعتذر مما وقع بأن (٦) الحرب كانت قد شغلته عن التروِّي في كثير من الأمور (٧) ، وأما لقبه بالناصر فهو من أيام الخليفة المستضيء، ومع هذا فمهما لقَّبني به أمير المؤمنين فهو الذي لا يعدل عنه (٨) . وتأدَّب مع الخليفة غاية الأدب مع غناه عنه، رحمه اللّه تعالى. وفي هذه السنة كانت وقعة عظيمة ببلاد الهند بين الملك شهاب الدين الغوري صاحب غزنة، وبين ملك الهند الكبير، فأقبلت الهنود في عدد (٩) كثير من الجنود، ومعهم أربعة عشر فيلًا، [فالتقوا واقتتلوا قتالًا شديدًا] (١٠) ، فانهزمت ميمنة المسلمين وميسرتهم، وقيل للملك: انجُ بنفسك، فما زاده ذلك (١١) إِلا إِقدامًا، فحمل على الفيلة، فجرح بعضها -وجَرْحُ الفيل لا يَنْدَمِلُ- فرماه بعض الفيّالة بحربة في ساعده فخرجت من الجانب الآخر فخرَّ صريعًا، فحملت عليه الهنود (١٢) ليأخذوه، فحاجف (١٣) عنه أصحابه ليحموه فاقتتلوا عنده قتالًا شديدًا، وجرت عنده حرب عظيمة لم يسمع [بشدتها في موقف] (١٤) فغلب
(١) ليست العبارة في أ. وهي في ط: ولما فرغ من هذه الأشياء عاد. (٢) ط: وأرسل إِليه الملوك. (٣) جاء ما بين المعقوفين في ط قبل السطر. (٤) ط: شابًا بغداديًا. (٥) أ، ب: فتلقى الهول. (٦) ط: قال، ب: وكان. (٧) ط: من ذلك. (٨) ط: فلا أعدل عنه. (٩) ليس في أ. (١٠) عن ط وحدها. (١١) ليس في ط. (١٢) أ: فحملت الهند عليه. (١٣) ط: فجاحف، وحاجف محاجفة: دافع، وأصلها من حجف إِذا اتقاه بحجفة وهي ترس من جلد مُطارَق. أساس البلاغة والقاموس واللسان. (١٤) ط: بمثلها في الموقف.

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