Le sultan voulut d’abord détruire la Qumâma (1) et la réduire (2) en décombres, afin de couper (3) la source du pouvoir des chrétiens à Jérusalem. On lui dit alors : « Ces gens ne cesseront pas d’effectuer le pèlerinage vers ce lieu, même si tu le laissais (5) nu comme la paume de la main. Le Commandeur des croyants ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb a déjà conquis cette ville avant toi (6) et il a laissé cette église entre leurs mains ; tu peux t’inspirer de son exemple. » Le sultan renonça donc à ce projet et la laissa telle quelle, suivant l’exemple d’‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, l’un des califes bien guidés (7). Il n’y conserva des chrétiens (8) que quatre pour la servir, tout en leur obstruant l’accès. Il démolit les cimetières qu’ils possédaient près de la Porte de la Miséricorde, effaça leurs traces, et abattit les coupoles qui s’y trouvaient, en hâtant leur destruction.
Pour ce qui est des prisonniers musulmans (9) qui se trouvaient à Jérusalem, le sultan les libéra tous, leur fit de grands bienfaits, leur accorda des secours généreux et (10) les revêtit de somptueux atours. Chacun d’eux (11) regagna alors son pays et retrouva son foyer. Louange à Dieu pour Ses bienfaits et Ses faveurs.
[Chapitre]
Lorsque le sultan Ṣalâḥ ad-Dîn (12) eut établi l’ordre dans la noble ville sainte (13), il en sortit le vingt-cinq du mois de Sha‘bân. Il ordonna à son fils al-‘Azîz de regagner l’Égypte, puis il partit avec son armée pour la cité de Ṣûr sur la côte, seule à avoir échappé à la prise des régions environnantes (14). Elle était tombée, après la bataille de Ḥaṭṭîn, entre les mains d’un marchand franc du nom d’al-Markis (15), qui la fortifia, organisa sa défense et creusa un fossé depuis la mer (16) jusqu’à la mer, puis