Dans son livre, avant que cela ne se produise, il déclara : « Ceci ne relève ni de la science des lettres, ni du domaine des miracles (karamât) et des révélations spirituelles (mukâshafât) (1), car elles (2) ne s’obtiennent pas par calcul (3). » Il ajouta : « Il a été mentionné dans le commentaire de la sourate Al-Qadr que si l’on connaissait le moment où le Coran est descendu, on saurait aussi le moment où il sera enlevé. »
J’ai dit : Ibn Barrajân a évoqué cela dans son Tafsîr aux environs de l’an cinq cent vingt-deux (de l’hégire). On raconte que le roi Nûr al-Dîn en fut informé et qu’il espéra alors vivre jusqu’en l’an cinq cent quatre-vingt-trois (4), étant né en cinq cent onze ; il se prépara à cette éventualité, allant jusqu’à faire construire une grande chaire (minbar) pour la Maison Sainte (Bayt al-Maqdis), pour le jour où Dieu la lui ferait conquérir. Dieu seul est plus savant.
Quant au Rocher vénéré (5), le sultan supprima tout ce qui l’entourait de pratiques répréhensibles, d’images (6) et de croix, puis le mit en évidence après qu’il fut resté caché et invisible. Il ordonna au jurisconsulte (faqîh) Diyâ’ ad-Dîn ‘Isâ al-Hakkârî (7) de faire installer (8) tout autour des grilles en fer. Il y établit un imâm permanent et préleva (9) pour lui de bonnes subsistances. Il en fit de même pour l’imâm du mihrâb d’al-Aqsâ et créa (10) une école pour les shaféites, appelée école Salâhiyya, également nommée An-Nâsiriyya. Son emplacement était auparavant une église sise sur “Saydakhah” (11), c’est-à-dire la tombe de H anna, la mère de Marie (que la paix soit sur elle). Il consacra aussi aux soufis un ribât, ancien lieu de bénédiction attenant à Qumâmah, et mit à la disposition des jurisconsultes et des pauvres [des allocations et des pensions] (12). Il affecta également des ressources au khatm (13) et à la lecture du Coran par quarts (rub‘ât) dans l’ensemble de la mosquée d’al-Aqsâ et autour du Rocher [pour quiconque lit ou contemple ces lieux, qu’il soit résident ou visiteur] (14).
Les Ayyoubides rivalisèrent alors dans les œuvres de bien à Jérusalem la Noble, pour les voyageurs, les partants et les résidents. Que Dieu les récompense tous (15). Ils prirent la décision