Louange et gratitude à Dieu pour Ses immenses bienfaits. Le juge Muḥyī al-Dīn [Muḥammad ibn ʿAlī] (1) Ibn al-Zakī al-Qurachī continua à prêcher devant les gens lors des prières du vendredi, durant quatre semaines. Ensuite, le sultan désigna un khatib (prédicateur) permanent pour al-Qods, et il envoya un ordre à Alep pour qu’on y fasse venir la chaire (minbar) que le roi juste, Nūr al-Dīn Maḥmūd le martyr, avait destinée à la Maison sainte (Bayt al-Maqdis), en raison de l’espoir qu’il nourrissait de la conquérir de son vivant (2). Or, cette conquête n’eut lieu que sous l’autorité de certains de ses successeurs (3), après son décès, que Dieu lui fasse miséricorde.
Une anecdote singulière (4) est rapportée par le shaykh Shihāb al-Dīn Abū Shāma dans “Al-Rawdatayn”. Il indique que notre maître Abū l-Ḥasan ʿAlī ibn Muḥammad al-Sakhāwī mentionna, dans la première version de son “Tafsīr” (commentaire coranique), que dans le tafsīr d’Abū l-Ḥakam al-Andalusī – c’est-à-dire Ibn Barrajān (5) – au début de la sourate al-Rūm, se trouvaient des informations relatives à la conquête de Bayt al-Maqdis, précisant qu’elle serait arrachée aux mains des chrétiens en l’an 583 de l’Hégire.
Al-Sakhāwī déclara par ailleurs qu’il n’avait pas vu Ibn Barrajān déduire cela via la science des lettres, mais plutôt, selon ses dires (6), à partir de la Parole divine : « Alif Lām Mīm (1). Les Byzantins ont été vaincus (2) sur une terre voisine ; mais après leur défaite, ils seront bientôt vainqueurs (3), dans quelques années » [Al-Rūm : 1-4]. Il basa alors ce calcul sur un repère chronologique, comme le feraient les astrologues, avant de préciser (7) que les Byzantins allaient être vainqueurs à telle année et vaincus à telle autre (8), conformément aux cycles du destin.
Puis il ajouta : « C’est là un trait de clairvoyance qui s’est avéré exact, si tant est qu’il (9) l’ait effectivement proclamé avant la survenue des faits. »