L’imam Aḥmad (1) a dit : « Yazīd, c’est-à-dire Ibn Hārūn, nous a rapporté : Ḥammād Ibn Salama, d’après Thābit, d’après Abū Rāfi‘, d’après Abū Hurayra, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Zakariyyā était menuisier.” »
C’est ainsi que Muslim (2) et Ibn Mājah (3) l’ont également rapporté par plusieurs chaînes (4) remontant à Ḥammād Ibn Salama.
Quant à Sa parole : « Ô Zakariyyā, Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon dont le nom est Yahyā. Nous ne lui avions auparavant donné aucun homonyme » [Coran 19:7], elle s’explique par : « Alors que, debout, il priait dans le sanctuaire, les anges l’appelèrent : “Allah t’annonce la bonne nouvelle de Yahyā, confirmant une parole d’Allah. Il sera un chef, chaste et prophète parmi les vertueux.” » [Coran 3:39].
Lorsqu’il fut ainsi informé de la naissance d’un enfant et que la bonne nouvelle se confirma, il voulut comprendre avec étonnement comment l’enfant viendrait dans son état présent. « Il dit : “Seigneur, comment aurais-je un garçon alors que ma femme est stérile et que j’ai atteint un âge avancé ?” » [Coran 19:8]. Autrement dit : comment pourrait-il y avoir un enfant issu d’un vieillard ?
On a dit qu’il avait alors soixante-dix-sept ans, mais il est plus vraisemblable – et Allah sait mieux – qu’il fût plus âgé encore. « Et ma femme est stérile » [Coran 19:8], c’est-à-dire qu’elle l’était déjà dans sa jeunesse et ne donnait pas naissance. Allah sait mieux. Pareillement, le Khalīl (Abraham) a dit : « M’annoncez-vous [cette nouvelle] alors que la vieillesse m’a déjà touché ? Que m’annoncez-vous donc ? » [Coran 15:54].
Et Sara a dit : « Malheur à moi ! Enfanterais-je alors que je suis vieille et que mon époux, lui aussi, est un vieillard ? Voilà bien une chose étrange ! (72) Ils répondirent : “T’étonnes-tu de l’ordre d’Allah ? Que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous, gens de la maison ! Il est vraiment Digne de louange et de gloire.” » [Coran 11:72-73].
C’est ainsi que Zakariyyā – paix sur lui – reçut également réponse. L’ange qui lui transmettait l’ordre de son Seigneur lui dit : « “Ainsi”, a dit ton Seigneur, “cela M’est facile.” » [Coran 19:9], c’est-à-dire que cela est simple et aisé pour Lui. « Je t’ai créé auparavant alors que tu n’étais rien » [Coran 19:9]. En d’autres termes, Sa Puissance t’a fait exister alors que tu n’étais rien de mentionné ; ne pourrait-Il donc pas faire naître de toi un enfant, même si tu es âgé ? (5)
Allah – Exalté soit-Il – dit aussi : « Nous l’exauçâmes et lui donnâmes Yahyā (Jean), après avoir rendu sa femme [apte à enfanter]. Ils s’empressaient de faire le bien et Nous invoquaient par désir et crainte, et ils étaient humbles devant Nous » [Coran 21:90]. Le sens de « Nous avons rendu sa femme [apte à enfanter] » est qu’elle n’avait pas de menstruations, puis elle eut ses règles. D’après une autre opinion, elle avait un défaut de langage, c’est-à-dire une certaine rudesse (6).
« Il dit : “Seigneur, assigne-moi un signe.” » [Coran 19:10], c’est-à-dire une marque pour indiquer le moment où ma semence atteindrait son but et donnerait lieu à l’enfant annoncé. « Il dit : “Ton signe est que, durant trois nuits, tu ne pourras plus parler aux gens, bien que tu sois indemne de tout défaut.” » [Coran 19:10]. Autrement dit, le signe serait un mutisme qui te saisirait, au point que tu ne pourrais plus t’exprimer autrement que par des gestes, pendant trois jours, alors même que tu serais sain de corps, de tempérament et de constitution.
Dans cet état, il lui fut ordonné de multiplier le rappel (dhikr) dans son cœur et d’en être conscient le soir et le matin. Une fois cette joyeuse nouvelle reçue, il sortit heureux de son sanctuaire pour s’adresser à son peuple : « Il leur fit signe de rendre gloire [à Allah] matin et soir. » [Coran 19:11]. Ici, la révélation (waḥy) consiste en