Le sultan et les musulmans entrèrent dans la ville le vendredi, peu avant l’heure de la prière (1), c’était le vingt-septième jour du mois de Rajab. Al-‘Imād (2) déclara : « C’est la nuit de l’Isrā du Messager de Dieu (ﷺ) depuis la Mosquée sacrée jusqu’à la Mosquée al-Aqsa [puis vers les cieux les plus élevés]. » Le cheikh Shihāb al-Dīn Abū Shāma (3) précisa : « Voilà l’une des opinions au sujet de l’Isrā, et Dieu – Exalté soit-Il – est plus savant. »
La prière du vendredi (5) ne fut pas accomplie ce jour-là, contrairement à ce qu’affirment ceux qui prétendirent qu’elle eut lieu et que le sultan aurait prononcé le prône vêtu de noir. La vérité est qu’il ne fut pas possible (6) de la célébrer en raison du manque de temps ; elle fut donc célébrée le vendredi suivant. Le prêche fut alors prononcé par le qādī Muḥyiddīn Muḥammad ibn ‘Alī al-Qurashī ibn al-Zakkī (7), comme nous le verrons bientôt.
Ce jour-là, on procéda cependant au nettoyage (8) de la Mosquée al-Aqsa de tout ce qui s’y trouvait en matière de croix, de moines et de porcs. Les habitations des Templiers (9), qu’ils avaient bâties (10) à l’ouest du grand miḥrāb, furent démolies. Ils avaient fait de ce miḥrāb un lieu d’aisance (11) – que Dieu les maudisse (12). La mosquée fut ainsi purifiée de tout cela et rendue à l’état où elle se trouvait dans les jours (13) de l’époque islamique et sous la domination muḥammadienne. On lava le Rocher sacré avec de l’eau pure, puis on le lava de nouveau avec de l’eau de rose et du musc (14) de grande qualité ; on l’exposa ensuite à la vue des fidèles. Auparavant, il était recouvert, dissimulé et inaccessible (15) aux visiteurs. Enfin, on ôta la croix qui se trouvait sur son dôme.