Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’ils furent témoins de cet événement terrible (2) et de ce désastre (3) douloureux, les Francs envoyèrent leurs notables auprès du sultan et intercédèrent auprès de lui par tous les moyens, afin qu’il leur accorde la sécurité. Mais il refusa [cela] (4) et déclara : « Je ne la prendrai que de la même façon dont vous l’avez prise de force, et je ne laisserai aucun chrétien en vie, je les tuerai tous, comme vous avez tué les musulmans qui s’y trouvaient. » Alors le seigneur de la ville, Balian ibn Barzan, demanda au sultan la garantie de la sécurité pour qu’il puisse venir en sa présence ; le sultan la lui accorda. Lorsqu’il se présenta, il s’humilia devant le sultan (6) et se montra extrêmement soumis, intercédant de toutes les manières possibles. Toutefois, le sultan n’accéda pas à leur requête d’obtenir la sécurité.

Ils déclarèrent alors : « Si nous ne sommes pas assurés (7) (8) de la sécurité, nous repartirons pour exécuter tous les prisonniers musulmans que nous détenons, au nombre d’environ quatre mille. Nous tuerons aussi nos familles, nos enfants et nos femmes, nous détruirons les maisons et les lieux somptueux, nous brûlerons les biens, anéantirons tout ce que nous possédons, renverserons le Dôme du Rocher et brûlerons tout ce que nous pouvons. Nous n’épargnerons rien de ce que nous avons les moyens de détruire. Ensuite, nous sortirons combattre jusqu’à la mort, car la vie n’a plus aucune valeur pour nous après cela. Qu’y a-t-il donc à espérer de bon après cela ? »

Lorsqu’il entendit ces propos, le sultan accepta finalement de conclure la paix et revint sur sa décision, à condition que chaque homme paie dix dinars pour sa personne, chaque femme cinq dinars et chaque enfant deux dinars. Celui qui ne pourrait s’en acquitter deviendrait captif des musulmans, tandis que les récoltes, les armes et les maisons reviendraient aux musulmans. Les occupants quitteraient ensuite la ville pour rejoindre leur lieu de sûreté, la cité de Tyr. Ainsi, on écrivit le traité de paix sur cette base (12). Et quiconque ne s’acquitterait pas de la somme exigée dans un délai de quarante jours (13) deviendrait prisonnier. C’est ainsi qu’au total, seize mille personnes (14), hommes, femmes et enfants, furent réduites en captivité selon cette clause.

(1) L’origine de l’obligation, la chute et la survenance. Al-Tāj et Al-Lisān. (2) Edition : Al-Faẓīʿ… Al-Wajīʿ. (3) Manuscrits A et B : Cela leur est douloureux. (4) N’existe pas dans le manuscrit A. (5) Edition : Sauf de force, comme vous l’avez vous-mêmes introduit. (6) Manuscrits A et B : Pour lui. (7) Manuscrit A : Lāʾin (Si seulement). (8) Edition : Tu nous donnes. (9) Edition : Et ils étaient proches. (10) Edition : Nous espérons. (11) Edition : Qu’ils changent. (12) Edition : Il rédigea l’accord à ce sujet, et que celui qui ne donne pas. (13) Manuscrit A : Il est prisonnier pendant quarante jours. (14) Edition : Homme.
واجب (١) ، فلما شاهد الفرنج ذلك الحادث المفظع (٢) ، والخطب المؤلم (٣) الموجع، قصد أكابرهم السلطان، وتشفعوا إِليه بكل إِنسان، أن يعطيهم الأمان، فامتنع [من ذلك] (٤) ، وقال: لا أفتحها إِلا (٥) كما فتحتموها عنوة، ولا أترك بها أحدًا من النصارى إِلا قتلته كما قتلتم أنتم من كان بها من المسلمين فطلب صاحبها باليان بن بارزان من السلطان الأمان ليحضر عنده فأمَّنهُ، فلما حضر ترقّق للسلطان (٦) وذلّ ذُلًا عظيمًا، وتشفع إِليه بكل ما أمكنه، فلم يجبه إِلى الأمان لهم، فقالوا: إِن (٧) لم نُعْطَ (٨) الأمان، رجعنا، فقتلنا كل أسير من المسلمين بأيدينا، وهم (٩) قريب من أربعة آلاف، وقتلنا ذرارينا وأولادنا ونساءنا، وخربنا الدور والأماكن الحسنة، وأحرقنا المتاع، وأتلفنا ما بأيدينا من الأموال، وألقينا قبة الصخرة، وحرقنا ما نقدر عليه، ولا نبقي ممكنًا في إِتلاف ما نقدر عليه، وبعد ذلك نخرج فنقاتل قتال الموت، ولا خير في حياتنا بعد ذلك، فلا يُقتل واحد منا حتى يقتل أعدادًا منكم فماذا يُرْتَجى (١٠) بعد هذا من الخير؟ فلما سمع السلطان ذلك أجاب، إِلى الصلح وأناب، على أن يبذل كل رجل منهم عن نفسه عشرة دنانير، وعن المرأة خمسة دنانير، وعن كل صغير وصغيرة دينارين، ومن عجز عن ذلك كان أسيرًا للمسلمين، وأن تكون الغلاّت والأسلحة والدور للمسلمين، ويتحولوا (١١) منها إِلى مأمنهم، وهي مدينة صور. فكُتب الصلحُ على ذلك (١٢) ، ومن لا يبذل ما شُرِط عليه إِلى أربعين يومًا (١٣) فهو أسير، فكان جملة من أسر بهذا الشرط ستة عشر ألف أسير (١٤) من رجال ونساء وولدان.
(١) أصل الوجوب السقوط والوقوع. التاج واللسان. (٢) ط: الفظيع .. الوجيع. (٣) أ، ب: المؤلم لهم. (٤) ليس في أ. (٥) ط: إِلا عنوة كما افتتحتموها أنتم. (٦) أ، ب: له. (٧) أ: لئن. (٨) ط: تعطنا. (٩) ط: وكانوا قريبًا. (١٠) ط: نرتجي. (١١) ط: وأنهم يتحولون. (١٢) ط: فكتب الصلح بذلك، وأن من لم يبذل. (١٣) أ: فهو أسير إِلى أربعين يومًا. (١٤) ط: إِنسان.

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