Le Mamelouk(1) constate que les églises redeviennent des mosquées, et que l’endroit où l’on disait jadis : « Dieu est le troisième de trois », on y dit aujourd’hui : « Dieu (2) est unique. » Tantôt il renouvela sa gratitude envers Dieu par un flot de paroles, tantôt par un flot de larmes(3). Et que Dieu récompense Joseph pour l’avoir fait sortir de sa prison ! Les Mamelouks attendent les ordres du Maître, si bien que quiconque souhaite entrer dans le hammam à Damas se décide désormais plutôt à entrer dans le hammam de Tibériade.
(4)
[Extrait du mètre al-basît]
« Voilà les exploits glorieux, non pas deux coupes de lait…
Et voilà la conquête, non pas celle d’Amman et du Yémen (5),
Et voilà l’épée, non pas l’épée d’Ibn Dhî Yazan. »
Il ajouta : « À propos de cette conquête, les langues auront encore un discours (6) long (7) et une parole solennelle. »
On mentionne la prise de Bayt al-Maqdis (Jérusalem) au cours de cette année et sa délivrance des mains des chrétiens après (8) quatre-vingt-douze ans. Quand le sultan eut conquis [les lieux bénis autour de Bayt al-Maqdis et les côtes avoisinantes déjà citées](9), il ordonna aux armées de se réunir, [et les troupes dispersées dans différents pays pour le butin se rassemblèrent](10). Il marcha ensuite vers la noble Jérusalem avec ces (11) armées victorieuses, brandissant des étendards aptes à briser l’ennemi. Il campa à l’ouest de Jérusalem le dimanche 15 Rajab de cette année – c’est-à-dire l’an 583 de l’Hégire – tandis que [les Francs – qu’Allah les maudisse – avaient fortifié les remparts pour combattre](12), et ils étaient au nombre de soixante mille.