On a dit que par « mawâlî » il faut entendre les ‘asaba (parents proches du côté paternel). C’est comme s’il craignait qu’après sa mort, ceux-ci ne se comportent vis-à-vis des Enfants d’Israël d’une manière contraire à la loi d’Allah et à Son obéissance. Il demanda donc à avoir un enfant issu de sa propre descendance qui soit pieux, dévot et agréé. Voilà pourquoi il dit : « فَهَبْ لِي مِنْ لَدُنْكَ », c’est-à-dire « accorde-moi, de Ta part, par Ta force et Ta puissance », « وَلِيًّا (5) يَرِثُنِي ». Autrement dit, qu’il hérite de moi dans la prophétie et l’exercice du jugement au sein des Enfants d’Israël, et qu’il hérite de la famille de Ya‘qoub. Fais qu’il soit, ô mon Seigneur, un homme agréé, tout comme ses pères et ancêtres issus de la descendance de Ya‘qoub, qui étaient prophètes. Accorde-lui, comme à eux, l’honneur que Tu leur as accordé en matière de prophétie et de révélation. Il ne s’agit pas ici de l’héritage des biens matériels, à l’inverse de ce qu’ont prétendu des membres du groupe chiite, suivis en cela par Ibn Jarîr, qui le rapporte d’Abou Sâlih parmi les Anciens, et cela pour plusieurs raisons :
Premièrement, comme déjà mentionné au sujet de la Parole divine « وَوَرِثَ سُلَيْمَانُ دَاوُودَ » (« Salomon hérita de David »), on entend par là l’héritage de la prophétie et de la royauté, conformément à ce que nous enseigne le hadith unanimement reconnu par les savants et transmis dans les recueils authentiques (Sahîh), les Musnad et les Sunan, etc., via divers maillons de transmission, selon plusieurs Compagnons. Ce hadith rapporte que le Messager d’Allah (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Nous ne laissons pas d’héritage ; tout ce que nous laissons est aumône. » Ce texte explicite prouve que le Messager d’Allah (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) n’est pas soumis aux règles de l’héritage. C’est pourquoi as-Siddîq (Abou Bakr) s’était abstenu de transmettre à qui que ce fût ce qui lui était d’abord revenu, alors que, sans ce hadith, ces biens seraient revenus aux ayants droit. Ceux-ci étaient sa fille Fâtima, les neuf épouses du Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) ainsi que son oncle al-‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait d’eux). As-Siddîq justifia sa décision auprès d’eux en se fondant sur ce hadith, et ‘Omar ibn al-Khattâb, ‘Othmân ibn ‘Affân, ‘Alî ibn Abî Tâlib, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Awf, Talha, az-Zubayr, Abou Hurayra et d’autres (qu’Allah soit satisfait d’eux) confirmèrent cette transmission du Messager d’Allah (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui).
Deuxièmement, at-Tirmidhî le rapporte en des termes généraux, englobant l’ensemble des prophètes : « Nous, la communauté des prophètes, ne laissons pas d’héritage. » Il l’a jugé authentique.
Troisièmement, le monde d’ici-bas était aux yeux des prophètes trop insignifiant pour qu’ils y amassent un trésor, s’y attachent ou s’occupent de sa gestion, au point de demander des enfants qui hériteraient de leurs biens après eux. En effet, même celui qui n’a pas atteint le rang élevé de leur détachement du monde ne s’inquiète pas à ce point de demander un descendant uniquement pour lui transmettre des biens.
Quatrièmement, Zakariyya (que la paix soit sur lui) était charpentier ; il travaillait de ses mains et vivait de sa propre production, tout comme Dâwoud (que la paix soit sur lui), qui vivait aussi du fruit de son labeur. Or, en général, surtout pour quelqu’un ayant le rang des prophètes, il ne recherchait pas un bénéfice supplémentaire ni n’épargnait au-delà de ses besoins, de sorte qu’il eût laissé derrière lui une fortune à léguer. C’est là une évidence claire pour quiconque y réfléchit et s’y penche avec perspicacité, si Allah le veut.