Cela se fit en présence de tous, conformément aux coutumes royales. Il se réunit alors avec le Qâdî al-Fâdil, alla le voir, l’invita, s’entretint avec lui et consulta son avis (1). Il ne prenait aucune décision sans lui [et ne lui cachait rien de ses secrets, ni son for intérieur ni ses intentions] (2).
Puis le Sultan établit son fils al-Afdal ‘Alî comme souverain de Damas (3). Al-‘Adil Abû Bakr céda Alep à son gendre, l’époux de sa fille, al-Malik az-Zâhir Ghâzî ibn as-Sultân (4). Le Sultan envoya son frère al-‘Adil, accompagné de son fils ‘Imâd ad-Dîn ‘Uthmân al-Malik al-‘Azîz, régner sur l’Égypte. Al-‘Adil devait en être l’atabeg et il reçut un immense fief (5). L’on démit de ce poste son gouverneur (6), Taqî ad-Dîn ‘Umar, qui se proposait de partir en Ifrîqiya. [Le Sultan ne cessa de lui écrire, se montra bienveillant et le ménagea] (7), jusqu’à ce qu’il vînt à lui avec ses troupes. Le Sultan l’accueillit avec honneur et respect, le grandit en dignité et lui attribua la ville de Hama et de vastes contrées alentour, dont il avait déjà bénéficié deux ans plus tôt. Il lui adjoignit en outre (8) la cité de Mayyâfâriqîn.
Al-‘Imâd al-Kâtib le loua dans un poème rimant en sîn, remarquable, mentionné (9) dans « ar-Rawdatayn » (10).
[Cette même année] (11), le comte (12) de Tripoli conclut une trêve avec le Sultan, fit la paix et le traita avec sincérité, au point de combattre les rois francs avec la plus grande ardeur, capturant parmi eux des femmes et des enfants (13). Il était sur le point de se convertir à l’islam, mais son démon l’en détourna et l’égara.