Il était de conduite honorable et il a innové dans de nombreux domaines qui n’avaient pas été abordés avant lui. Il est l’auteur de « Al-Iʿlâm fīmā ubhima fī al-Qurʾān min al-asmāʾ wa-l-aʿlām », de « Natāʾij al-fikr », d’un ouvrage remarquable intitulé « Masʾala fī al-farāʾiḍ », d’une « Masʾala fī al-sirr fī kawn al-Dajjāl aʿwar » et de bien d’autres œuvres uniques, merveilleuses et utiles.
Il composa aussi de beaux poèmes. C’était un homme chaste et pauvre. Vers la fin de sa vie, il reçut une somme d’argent considérable de la part du souverain de Marrakech.
[Il mourut au cours de cette année] le jeudi vingt-sixième jour de Shaʿbān de la même année. Il laissa une qaṣīda par laquelle il invoquait Dieu et espérait qu’Il exauce ses prières grâce à sa bénédiction. Voici ses vers :
[mètre al-kāmil]
« Ô Toi qui vois ce qui est au plus profond du cœur et qui entends,
Tu es Celui qui a tout préparé pour tout ce que l’on espère.
Ô Toi dont on attend le secours dans chaque difficulté,
Ô Toi vers qui l’on se tourne pour se plaindre et chercher refuge.
Ô Toi dont les trésors de subsistance jaillissent d’un simple “Sois !”,
Fais-nous grâce, car tout bien provient de Toi.
Je n’ai d’autre moyen de Te rejoindre que ma pauvreté envers Toi,
Et par ce besoin que j’ai de Toi, je repousse ma détresse.
Je n’ai d’autre recours que de frapper à Ta porte,
Et si je venais à être repoussé, à quelle porte frapperais-je ?
Qui d’autre puis-je appeler et invoquer par son nom,
Si Ton bienfait se refusait à Ton serviteur démuni ?
Il ne sied pas à Ta magnificence de faire désespérer un pécheur :
Ta grâce est plus abondante, et Tes dons plus vastes encore. »
[Puis arriva l’an cinq cent quatre-vingt-deux]
Au début du mois de Rabīʿ al-Awwal de cette année-là, le sultan Ṣalāḥ al-Dīn fit son entrée à Damas après avoir recouvré la santé ; ce fut un jour mémorable