Car le grand-père paternel de celui-ci, le cheikh Abou ‘Othmân al-Ṣâbûnî, était l’un des imams célèbres (1). On l’appelait « al-Maḥmūdî » parce que son grand-père fut le compagnon du sultan Maḥmūd ibn Muḥammad (2) ibn Malikshāh. Le cheikh Kamāl al-Dīn arriva alors au Shām (Syrie) sous le règne du sultan Nūr al-Dīn Maḥmūd ibn Zankī, qui l’honora et le respecta. Puis il se rendit en Égypte, s’y installa, et Ṣalāḥ al-Dīn l’honora également, lui concédant, à lui et à sa descendance, une terre qu’ils possèdent jusqu’à présent. Qu’Allah lui fasse miséricorde (4).
Le grand émir Sa‘d al-Dīn Mas‘ūd ibn Mu‘īn al-Dīn Unar (5) figura parmi les grands émirs à l’époque de Nūr al-Dīn et de Ṣalāḥ al-Dīn. Il était le frère de as-Sitt Khātūn. Lorsque Ṣalāḥ al-Dīn l’épousa, il maria à celui-ci sa sœur, as-Sitt Rabī‘a (6) Khātūn bint Ayyūb, à qui est attribuée la madrasa aṣ-Ṣāḥibah (7) au Sefaḥ, destinée aux hanbalites. Elle vécut longtemps et décéda en l’an 643 (8). Elle fut la dernière des enfants d’Ayyūb issus de lui en ligne directe. Quant à lui, il mourut à Damas dans le courant de Jumādā al-Ākhirah des suites d’une blessure reçue lors du siège de Miyāfāriqīn (9). Qu’Allah lui accorde, ainsi qu’à nous, Sa miséricorde et Sa générosité.
= Al-Dīn Abū al-Thanāʾ. Abū Shāmah a consacré une notice à son sujet dans al-Rawḍatayn (2/68), où il écrit : Cette année-là mourut au Caire, en chaʿbān, l’érudit Jamāl al-Dīn Abū al-Fatḥ, Abū al-Thanāʾ, Abū Muḥammad, Maḥmūd ibn Aḥmad ibn ʿAlī ibn Aḥmad ibn ʿAlī ibn Aḥmad ibn al-Maḥmūdī, connu sous le nom d’Ibn al-Ṣābūnī. Il fut enterré à Sāriyah dans le quartier de Qarāfah. Il naquit à Bagdad en l’an 505 [H]. Son grand-père maternel était l’érudit et cheikh al-Islām Abū ʿUthmān Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Raḥmān al-Ṣābūnī, chez qui il est connu sous le nom d’Ibn al-Ṣābūnī. Son grand-père paternel fut proche du sultan Maḥmūd ibn Muḥammad ibn Malik-Shāh, d’où son nisba « al-Maḥmūdī ». Ibn al-Ṣābūnī entra à Damas sous le règne du roi al-ʿĀdil Nūr al-Dīn Maḥmūd ibn Zankī, et ils se rencontrèrent ; il séjourna chez lui et lui demanda la permission de résider à Damas. Il lui expliqua qu’il avait pour objectif de visiter l’imam al-Shāfiʿī au Caire ; il le prépara et l’accompagna avec la suite de l’émir Najm al-Dīn Ayyūb, père de Ṣalāḥ al-Dīn, l’année où ce dernier partit rejoindre son fils en Égypte. Une relation d’amitié ferme et un grand attachement les unirent, si bien qu’il ne pouvait supporter une absence d’une heure de sa présence, et lui portait un grand intérêt. Lorsque le fils de ce dernier, le roi al-Malik al-Nāṣir Ṣalāḥ al-Dīn, régna sur l’Égypte, il ne lui permit pas de retourner en Syrie, mais institua un waqf pour lui dans les terres égyptiennes, ainsi que pour ses descendants, waqf qui existe encore entre leurs mains aujourd’hui. Bachār rapporte : Il possède une notice biographique dans Takmīlat al-Mundhirī (section non publiée, conservée dans le manuscrit de la Bibliothèque Royale de Marrakech, folio 6), ainsi que dans Tārīkh al-Islām (12/742-743), où il figure sous le nom de Muhammad ibn Aḥmad ibn ʿAlī ibn Aḥmad, Abū al-Fatḥ al-Maḥmūdī al-Baghdādī.
(1) Éd. : al-Mashhūrīn.
(2) Sa notice a déjà été présentée dans les événements de l’année 525 H de ce même volume.
(3) Lire : waqafa (« institua un waqf »).
(4) N’existe pas dans [B].
(5) Sa notice dans al-Rawḍatayn (2/67), Mirʾāt al-Zamān (8/385) et Tārīkh al-Islām (12/726).
(6) Sa notice en bas d’al-Rawḍatayn (177), Wafayāt al-Aʿyān (4/120-121), Abū al-Fidāʾ (3/174) et al-ʿIbar - Beyrouth (3/245).
(7) Éd. : al-Ṣalāḥiyya, Munādamat al-Aṭlāl (237) ; aṣ-Ṣafḥ : pied du Qāsyūn.
(8) Éd. : wa-sabʿumiʾa (sept cents). Il s’agit d’une erreur de lecture.
(9) « Mayyāfāriqīn » : ville célèbre de la région de Diyar Bakr.