Sur (1) de nombreux pays et de vastes contrées dans la région de la Jazira et de Diyarbakr, il se produisit de longs événements que Ibn al-Athîr a relatés de manière détaillée dans « Al-Kâmil » (2) ainsi que l’auteur de « Al-Rawdatayn » (3). Par la suite, la paix fut conclue entre lui et les habitants de Mossoul, à condition qu’ils se joignent à son armée lorsqu’il les appellerait à combattre les Francs, qu’on prononce le prône (ou la khutba) en son nom et qu’on frappe la monnaie à son effigie (4). Cela fut mis à exécution dans tous ces territoires, et la mention des Seldjoukides et des Artuqides (5) fut interrompue dans la khutba de ces contrées. L’accord fut établi, et toute difficulté fut levée.
(6) Il advint ensuite que le sultan tomba gravement malade, bien qu’il s’efforçât de garder contenance (7) et de ne rien laisser paraître de sa douleur (8). Mais son état empira au point qu’il atteignit Harran et y dressa son camp, tant sa souffrance était intense. La nouvelle se répandit dans la région, et la population prit peur pour lui ; elle s’affligea de son état [et dépérissait de tristesse pour lui] (9). Pendant ce temps, les mécréants et les hérétiques colportèrent la rumeur de sa mort (10). Les habitants de la ville et les croyants s’en trouvèrent inquiets. Son frère, Abou Bakr al-ʿAdil (11), arriva alors d’Alep, accompagné de médecins et de remèdes, et trouva le sultan très affaibli. Il l’exhorta à faire son testament et à désigner un successeur. Le sultan répondit : « Je ne m’en soucie guère, car je laisse après moi Abou Bakr, ʿOmar, ʿOthman et ʿAli », faisant allusion à son frère al-ʿAdil, seigneur de Harran, à Taqi ad-Din ʿOmar, seigneur de Hama (qui était alors gouverneur d’Égypte), ainsi qu’à ses fils al-ʿAziz ʿOthman (12) et al-Afdal ʿAli (13). Le sultan formula alors le vœu que, si Dieu le guérissait de sa maladie, il consacrerait toute son énergie au combat contre les infidèles (14), qu’il ne combattrait plus aucun musulman, et qu’il placerait la conquête de Jérusalem (Bayt al-Maqdis) (15) au premier rang de ses priorités.