Puis arriva l’an cinq cent quatre-vingt-un (581) [de l’Hégire], et le sultan était alors campé aux abords de Hama. De là, il se rendit à Alep, où son frère al-‘Adil vint à sa rencontre, et les troupes se rassemblèrent autour de lui. Il quitta la ville au mois de Safar pour se diriger vers Mossoul, franchit l’Euphrate et arriva à Harran. Il y fit arrêter son gouverneur, Muzaffar ad-Dîn ibn Zayn ad-Dîn – frère de Zayn ad-Dîn, seigneur d’Irbil –, avant de se montrer satisfait de lui et de le rétablir dans son domaine, après avoir constaté la bonne intention de celui-ci.
Il repartit ensuite vers Mossoul, où les souverains de chaque contrée vinrent à sa rencontre. Parmi eux se trouvait ‘Imâd ad-Dîn Abû Bakr ibn Qara Arslan, seigneur des régions de Diyâr Bakr et d’Âmid. Or, le décès de son frère Nûr ad-Dîn ibn Qara Arslan parvint à sa connaissance : il demanda alors l’autorisation de reprendre possession de son royaume, ce qui lui fut accordé.
Le sultan poursuivit sa route et campa dans la région des Ismaéliens, à proximité de Mossoul. Puis Zayn ad-Dîn ibn Zayn ad-Dîn, seigneur d’Irbil – qui faisait partie des rois de ces contrées déjà soumis à son autorité, comme mentionné précédemment – s’avança vers lui. Le sultan dépêcha alors Diyâ’ ad-Dîn ibn Kamâl ad-Dîn ash-Shahrazûrî auprès du calife pour l’informer de son intention d’assiéger Mossoul, en précisant que son but était de les ramener sous l’obéissance de l’imâm et de soutenir l’islam.
Il assiégea la ville pendant un certain temps, puis se retira à la fin du mois de Rabî‘ al-Âkhir, sans avoir pu la prendre, et se dirigea vers Khilât, dont il s’empara par la suite.