Chapitre : [Concernant l’attaque d’al-Karak]
Au mois de Rajab, le sultan se rendit à al-Karak et l’assiégea, ayant à ses côtés Taqi ad-Dîn ‘Umar, le fils de son frère. Il avait également écrit à son frère al-‘Adil [Abû Bakr] pour qu’il vînt le rejoindre, afin de lui confier Alep et ses territoires, comme il le lui avait déjà demandé. Le siège d’al-Karak se poursuivit tout le mois de Rajab, mais il ne parvint pas à en tirer ce qu’il souhaitait. Il apprit alors que tous les Francs s’étaient réunis pour l’empêcher de prendre al-Karak, si bien qu’il se replia sur Damas afin de les affronter, ce qui était l’un de ses plus grands soucis et l’objet de ses plus hautes visées.
Il envoya ensuite son neveu, Taqi ad-Dîn ‘Umar, comme gouverneur en Égypte, accompagné du Qâdî al-Fâdil. Il dépêcha aussi son frère al-‘Adil pour prendre en main le royaume d’Alep et fit venir auprès de lui son fils al-Zâhir, ainsi que ses gouverneurs et les personnes qui lui étaient chères. Le sultan céda Alep à son frère al-‘Adil afin qu’il fût proche de lui, car il ne prenait aucune décision sans le consulter. Le sultan an-Nâsir emprunta cent mille dinars à son frère Abû Bakr al-‘Adil. Al-Zâhir ibn an-Nâsir eut du chagrin à quitter Alep, où il avait déjà séjourné durant six mois, mais il ne laissa rien paraître devant son père. Toutefois, cela se manifestait parfois sur son visage et dans quelques-unes de ses paroles.
[Puis vint l’année 580 de l’Hégire]
Cette année-là, le sultan envoya des instructions aux armées d’Alep, de la Jazîra, d’Égypte et de Syrie afin qu’elles le rejoignent