Il mit en vers le sens de ce propos dans un poème où il déclame (1) [sur le mètre al-basît] :
« Votre conquête de la Blanche Halab, au mois de Safar…
Vous a garanti la prise de Jérusalem au mois de Rajab. »
Il le présenta ensuite au sultan (2), et l’ardeur de celui-ci s’en trouva excitée. Lorsque la ville fut conquise, comme il sera rapporté, il ordonna au juge (3) Ibn az-Zakî (4) de prononcer le prêche ce jour-là, qui coïncidait avec le vendredi. Puis, lorsqu’il apprit que c’était Ibn Jahbal qui avait découvert l’affaire en premier, il lui donna l’instruction (5) de dispenser un grand cours au même endroit, sur le rocher même, et il le gratifia d’une généreuse récompense tout en louant grandement ses mérites.
Section :
[Concernant l’expédition de Baysân]
Ensuite, le sultan quitta Alep à la fin de Rabî‘ al-âkhir, accompagné de ses armées et de ses troupes. Il laissa son fils, al-Ẓâhir Ghâzî (6) (7), sur place et désigna Muḥyî ad-Dîn Ibn az-Zakî (8) pour y exercer la fonction de juge. Il lui donna un adjoint (9), puis repartit (10) lui-même avec le sultan afin de poursuivre son service. Il passa par Ḥamâ, puis par Ḥomṣ, puis par Baalbek, avant d’entrer (11) à Damas le troisième jour de Jumâdâ.
(1) La strophe est rapportée dans Ibn al-Athīr (9/162) selon la version suivante :
« Et vous avez conquis Ḥalab par le sabre en Ṣafar... annonciateur de la conquête de al-Quds en Rajab ».
Elle apparaît également dans al-Rawḍatayn (2/46) sous deux versions : l’une selon la narration d’Ibn al-Athīr, et l’autre est :
« Et vous avez conquis Ḥalab par le sabre en Ṣafar... le verdict fut donné pour l’ouverture de al-Quds en Rajab ».
Elle se trouve aussi dans Wafayāt al-Aʿyān (2/331) et (4/229) dans la version suivante :
« Et la citadelle al-Shahbāʾ t’a été conquise en Ṣafar... annonciatrice des ouvertures de al-Quds en Rajab ».
(2) Dans la copie imprimée : « Vers le sultan, son désir s’enflamma pour cela ».
(3) N’est pas dans la copie imprimée.
(4) N’est pas dans la copie manuscrite.
(5) Dans la copie imprimée : « Puis il apprit par la suite que c’est Ibn Jahbal qui avait dit cela le premier, alors il lui ordonna. »
(6) Dans la copie manuscrite : « بها » (bāhā).
(7) Le roi al-Ẓāhir Ghāzī, fils du sultan Ṣalāḥ al-Dīn. Né en Égypte en 568 H., son père lui donna le royaume de Ḥalab en 582 H., après que celui-ci appartenait à son oncle al-Malik al-ʿĀdil. Al-ʿAdil était à la fois ingénieux, clairvoyant et généreux. Il mourut en 613 H. Voir Ibn al-Athīr (9/322), Mirʾāt al-Zamān (8/579), Dhayl al-Rawḍatayn (94), Wafayāt al-Aʿyān (4/6-9), al-ʿIbar (5/36), Bayrūt (3/160) et Mirʾāt al-Jinān (4/27).
(8) La mention de sa mort survenue en l’an 598 figurerait dans cette partie.
(9) Dans le manuscrit et la copie imprimée : « Il lui délégua pour cela. »
(10) Dans la copie imprimée : « Et il marcha avec lui ».
(11) Dans la copie imprimée : « Alors ils entrèrent ».