«Elle jeta son bâton et y déposa son fardeau… comme le voyageur dont l’œil se réjouit au retour.»
Les poètes le célébrèrent alors par de nombreux éloges lors de la prise d’Alep, notamment (1) Ḥassān. [L’effet en fut immense sur lui au point qu’il déclara] (2) : «Jamais je n’ai éprouvé une joie plus grande en prenant une forteresse que celle ressentie à la conquête de la ville d’Alep.» Il supprima (4) pour elle et pour l’ensemble des provinces de la Jazīra les péages (5) et les impôts, et de même pour les territoires de Syrie et d’Égypte. Qu’Allah le récompense (6) [pour lui-même et pour l’islam].
[Or, durant l’absence du sultan, alors qu’il était occupé en Mésopotamie et à d’autres affaires, les Francs s’étaient livrés à des exactions dans le pays, à l’est comme à l’ouest. Les renards profitèrent de l’absence du lion, rôdant autour de sa tanière, croyant n’y voir qu’un semblant de présence,] (7). Le sultan envoya donc des ordres à ses armées afin qu’elles le rejoignent (8) et se tiennent à ses côtés, résolu ensuite à s’opposer aux Francs (9) et à les combattre.
On l’avait déjà félicité pour la future conquête de Jérusalem au moment même de la conquête d’Alep. En effet, le faqîh Majd ad-Dîn Ibn Jahbal (10) ash-Shâfi‘î avait relevé dans le Tafsîr d’Abû al-Ḥakam Ibn Barrjân al-Maghribî (11), au sujet de la parole divine : «Alif Lâm Mîm. Les Byzantins ont été vaincus…» [ar-Rûm, 30 : 1-2], l’annonce de la conquête de Jérusalem en l’an 583 (de l’Hégire). Il fonda cette conclusion sur divers indices et coucha ces propos (12) sur un feuillet qu’il remit au faqîh ‘Îsâ al-Hakkârî (13) afin qu’il en fît part au sultan. Mais celui-ci n’osa le faire, craignant une imprécision. Il en informa alors le qâḍî Muḥyî ad-Dîn Ibn az-Zakî (14).