« Chaque fois que sa bouche m’abreuvait sous l’ardeur de la soif,
Je goûtais en lui un miel au milieu d’une neige limpide dans le vin (1)(2).
Son fils, le roi al-Amjad (3), était lui aussi un bon poète (4). Son grand-oncle, Ṣalāḥ al-Dīn, lui confia Baalbek après son père, et il y demeura un long moment.
Parmi les hauts faits d’al-Manṣūr ʿIzz al-Dīn Farrukhshāh, on compte sa compagnie de Tāj al-Dīn al-Kindī [pour qui il composa des éloges, que le shaykh Shihāb al-Dīn a tous rapportés en détail dans « al-Rawḍatayn »] (5).
Il est ainsi rapporté qu’un jour, il entra dans le hammam et y vit un homme qu’il connaissait autrefois comme étant fortuné, mais qui était tombé dans une grande pauvreté, au point de cacher son corps avec l’une de ses mains pour ne pas le dévoiler (6). Ému par sa misère, Farrukhshāh ordonna à son page d’apporter un ballot de vêtements et un tapis au lieu où se trouvait cet homme. Il lui procura également [une mule] (7), mille dinars (8), puis un ordre lui attribuant vingt dinars par mois (9). Ainsi, l’homme entra dans le hammam parmi les plus démunis et en sortit parmi les plus riches. Que la miséricorde de Dieu soit sur ces généreux nobles (10)(11).
Parmi les notables décédés cette année-là :
Le shaykh (12) Aḥmad al-Rifāʿī (13) ibn Abī al-Ḥasan ʿAlī ibn Abī al-ʿAbbās Aḥmad, dit shaykh Abū al-ʿAbbās : il fut le maître de la ṭāʾifa Aḥmadiyya al-Rifāʿiyya et al-Baṭāʾiḥiyya, ainsi nommée parce qu’il habitait Umm ʿAbayda, l’un des villages des marécages (al-Baṭāʾiḥ), entre Baṣra et Wāsiṭ. Il était d’origine arabe. Il s’installa dans cette région, autour de laquelle se réunit une foule nombreuse (14).»