Il fit preuve de bienveillance envers ses alliés. Ce fut alors sa dernière présence en Égypte, [il n’y retourna plus par la suite] (1).
En chemin, il lança une attaque sur certaines contrées des Francs dans la région du Karak (2), et plaça son frère Tadj al-Moulouk Bouri ibn Ayyoub sur l’aile droite de l’armée, progressant à l’écart afin de prendre pied sur les terres de l’ennemi. Ils se retrouvèrent sur le Jourdain (3) au bout de sept jours. De son côté, le gouverneur de Damas, ‘Izz ad-Dîn Farakhshâh, mena une incursion sur le territoire de Tibériade et ses environs, s’empara de forteresses solides, fit mille prisonniers (4), et s’appropria vingt mille têtes de bétail. Qu’Allah illumine son visage.
Le sultan entra à Damas le dix-septième jour de Safar (5), puis en repartit durant la première dizaine de Rabi‘ al-Awwal. Il livra alors bataille aux Francs dans les parages de Tibériade et de Beïsan, au pied de la forteresse de Kawkab (6). De nombreux combattants trouvèrent la mort dans les deux camps, mais (7) la victoire revint finalement aux musulmans. [Louange à Dieu, Seigneur de l’univers] (8), puis il s’en revint, victorieux et glorifié.
Ensuite, le sultan prit la route à la tête de ses régiments et de ses troupes, en direction d’Alep et des territoires orientaux, dans le but de s’en emparer. En effet, les gens de Mawsil et les habitants d’Alep avaient envoyé des missives aux Francs [pour faire la guerre aux musulmans, si bien que les Francs attaquèrent] (9) certaines frontières du pays, afin d’occuper le vainqueur et de le détourner d’eux (10). Il se rendit alors dans la région de la Bekaa, puis à Hama, avant d’arriver à Alep, qu’il assiégea trois jours. Il estima ensuite qu’il était préférable de se détourner d’elle au profit d’un autre objectif.
Poursuivant sa marche, il franchit (11) l’Euphrate, s’empara du Djazira, du Khabour, de Harran, d’Ar-Ruha, d’Ar-Raqqa, de Nisibin et d’autres villes encore, et les rois de ces contrées se soumirent à lui. Puis, il retourna à Alep et la reçut de la main de son maître, ‘Imâd ad-Dîn Zankî, qui avait l’échangé avec son frère ‘Izz ad-Dîn Mas‘oud contre Singar, comme nous l’avons mentionné au début de l’année précédente. Ainsi, tous les royaumes lui furent solidement unis à l’est comme à l’ouest, de près comme de loin. Il put dès lors affronter ses ennemis francs – qu’Allah les maudisse –, et Dieu lui permit de s’emparer de leurs rênes. À Lui reviennent les louanges pour Ses bienfaits.