Ainsi qu’il l’avait prédit, il ne revint plus en Égypte après cette année, mais séjourna plutôt au Levant.
Au cours de cette année, le sultan eut deux fils : al-Muʿaẓẓam Tūrānshāh et al-Malik al-Muḥsin Aḥmad. Leurs naissances furent espacées de sept jours ; on orna les provinces pour l’occasion et les réjouissances durèrent quatorze jours. Louange à Dieu.
Parmi les notables décédés cette année, on compte le shaykh Kamāl al-Dīn Abū al-Barakāt, ʿAbd al-Raḥmān ibn Muḥammad ibn Abī al-Saʿādāt ʿUbayd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿUbayd Allāh ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Ibrāhīm al-Anbārī, un grammairien, juriste, adorateur, ascète, homme humble et pieux. Il menait une vie austère et ne recevait jamais rien de personne, pas même du calife. Il assistait à la rencontre des soufis au palais du califat et refusait toute récompense, fût-ce un seul sou. Il était assidu dans ses études et laissa des ouvrages utiles.
Il mourut au mois de Shaʿbān de cette même année. Le qāḍī Ibn Khallikān rapporte qu’il est l’auteur du livre « Asrār al-ʿArabiyya », très utile, ainsi que de « Ṭabaqāt al-Nuḥāt », également très utile, et d’autres ouvrages tels que « al-Mīzān fī al-naḥw ». Dieu, loué soit-Il, est plus savant.
Puis arriva l’an cinq cent soixante-dix-huit (578). Le cinquième jour de Muḥarram, le sultan quitta les territoires égyptiens en partance pour la Syrie, afin d’y affronter ses ennemis.