Nizâm al-Mulk (1) se trouvait à Bagdad en l’an quatre cent quatre-vingt-cinq (485), alors que j’avais environ dix ans. Al-Hâfiẓ Abû al-Qâsim al-Ṣafrâwî (2) rapporte qu’il a dit : « Ma naissance est estimée, non certaine, en l’an soixante-dix-huit, si bien que son âge total serait de quatre-vingt-dix-huit ans. » En effet, il décéda la nuit du vendredi, le cinquième Rabî‘ al-Âkhir de l’an cinq cent soixante-seize (576) au port d’Alexandrie (3). Il fut inhumé à Wa‘lah (4), où reposent également plusieurs personnes pieuses, qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Ibn Khallikân adopta l’avis d’al-Ṣafrâwî. Il déclara : « Nous n’avons pas appris, dans l’environ de trois cents ans (5), que quiconque ait dépassé la centaine d’années, à l’exception du qâḍî Abû al-Ṭayyib (6) al-Ṭabarî [– qu'Allah lui fasse miséricorde –] (7). » Al-Hâfiẓ Ibn ‘Asâkir (8) lui a consacré dans son Târîkh (9) une bonne notice biographique, bien qu’il fût mort cinq ans avant lui. Il y mentionne ses voyages pour rechercher le hadith et ses pérégrinations à travers divers territoires, ainsi que le fait qu’il pratiqua d’abord le soufisme, avant de s’établir dans un poste frontière.
(1) Abû ʿAlî al-Ḥasan ibn Isḥâq ibn al-ʿAbbâs, surnommé Niẓâm al-Mulk, Qawâm ad-Dîn al-Ṭûsî. L'un des plus grands vizirs. Il est décédé en 485 de l’Hégire. Sa biographie se trouve dans Al-Rawḍatayn (1/25), Wafayât al-Aʿyân (2/128-131), Abû al-Fidâʾ (2/202) et Al-ʿIbar - Beyrouth (2/349).
(2) ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAbd al-Majîd - dans Nayyil al-Ibtihâj : ʿAbd al-Ḥamîd ibn Ismâʿîl aṣ-Ṣafrawî al-Iskandarânî Jamâl ad-Dîn Abû al-Qâsim. Né en 544 H. Juriste malikite et lecteur coranique (mûqriʾ). Il a étudié auprès de nombreux savants salafis et autres. Il est décédé en 636 H. Sa biographie se trouve dans Al-ʿIbar (3/227), Nayyil al-Ibtihâj (163) et Ash-Shadharât (5/180).
(3) Après cela dans la source : والله أعلم (et Dieu sait mieux).
(4) Quant à ʿIllah (la cause) : Ibn Khallikân a indiqué qu’avec un « wâw » ouvert, un « ʿayn » avec un khams jumelé, puis un « lâm » suivi d’un « hâ », il est dit que cette nécropole est attribuée à ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿIllah as-Sabtî al-Miṣrî, compagnon d’ Ibn ʿAbbâs, ﷺ. D’autres versions existent. C’est une nécropole située dans la baie d’Alexandrie, à l’intérieur des murailles près de la porte verte, où reposent plusieurs pieux comme aṭ-Ṭarṭûshî et d’autres. Cf. Wafayât al-Aʿyân (1/106).
(5) Absent dans la source.
(6) Il s’agit d’Abû aṭ-Ṭayyib Ṭâhir ibn ʿAbd Allâh ibn Ṭâhir ibn ʿUmar al-Ṭabarî, juge, juriste shâfiʿite. Né à Âmul en 348 H. Il a étudié auprès d’Abû ʿAlî az-Zajjâj, a lu chez Abû Saʿd al-Ismâʿîlî et Abû al-Qâsim ibn Kajj à Jurjân, puis s’est rendu à Nisâpour où il a côtoyé Abû al-Ḥasan al-Mâsirjî pendant quatre ans, auprès duquel il s’est formé. Puis il partit à Bagdad où il assista aux assemblées d’Abû Ḥâmid al-Asfarâyinî. Abû Isḥâq ash-Shîrâzî a travaillé sur lui, a expliqué le Mukhtaṣar d’al-Muzanî, et a rédigé de nombreux ouvrages en usûl, en madhhab, en controverse et en dialectique. Il s’est installé à Bagdad et a exercé la fonction de juge dans le quartier de Karkh après as-Saimarî, demeurant à ce poste jusqu’à son décès en 450 H. Il a vécu 102 ans sans que sa raison faiblisse ni que sa compréhension ne change. Il émettait des fatwas, corrigeait les erreurs des juristes, jugeait à Bagdad et participait aux cérémonies dans la maison du calife. Cf. Ibn al-Athîr (8/87), Wafayât al-Aʿyân (2/512-515), Abû al-Fidâʾ (2/179), Al-ʿIbar - Beyrouth (2/296) et Mirʾât al-Jinân (3/70).
(7) Concernant « A » seul. Bachâr a indiqué : cette affirmation d’Ibn Khallikân est complètement inexacte. Nous avons répliqué avec ce qu’a écrit al-Dhahabî dans « Ahl al-Miʾa Faṣlān » et démontré son invalidité, citant un grand nombre de personnes ayant dépassé cent ans durant les trois siècles mentionnés par Ibn Khallikân (voir Majallat al-Mawwarrid, n° 8, vol.1, p. 387).
(8) Sa biographie a été présentée plus haut dans Ḥawâdith en l’an 571.
(9) Mukhtaṣar Ibn Manẓûr (3/229), Badran (1/449).