«Ceci, car je suis un vieil homme, et je ne le conservais que pour ce garçon que j’ai tué. Or, j’ai des neveux, et je déteste qu’ils l’obtiennent après moi. Il l’y a donc établi en lui, et en retira beaucoup d’argent. Et Dieu – qu’Il soit exalté – est le plus Savant quant à la vérité.
Parmi ceux qui sont décédés cette année-là parmi les notables figure le ḥâfiẓ Abou Tâhir (1) as-Silafî (2) Ahmad ibn Muhammad ibn Ahmad [ibn Muhammad] (3) ibn Ibrâhîm Silafah, le grand et vénérable ḥâfiẓ Abou Tâhir as-Silafî al-Asbahanî. Quant à son grand-père Ibrâhîm (4), on l’appelait «Silafah» parce que l’une de ses lèvres était fendue, si bien qu’il semblait en avoir trois, et c’est ainsi que les non-Arabes l’ont surnommé (5).
Le juge Ibn Khallikân (6) a déclaré qu’on surnommait as-Silafî «Ṣadr ad-Dîn», qu’il appartenait à l’école shaféite, et qu’il se rendit à Bagdad pour y étudier auprès d’al-Kiyâ al-Harrâsî (7). Il y apprit la langue auprès du khatîb Abou Zakariyâ Yaḥyâ ibn ʿAlî at-Tabrîzî (8). Il entendit un grand nombre de hadiths et voyagea à travers de nombreuses contrées pour les rechercher, puis il s’installa à Alexandrie, sur la frontière maritime, en l’an cinq cent onze de l’Hégire. Al-ʿÂdil Abou al-Ḥasan ʿAlî ibn as-Salâr (9), vizir du calife adh-Dhâfir, lui construisit une madrasa et la lui confia (10) ; elle est aujourd’hui encore connue sous son nom (11).
Ibn Khallikân (12) note également que ses A mâlî (13) et ses Taʿâlîq sont très abondants, et qu’il rédigea de nombreux écrits. Selon ce que rapportent les Égyptiens, il serait né en l’an quatre cent soixante-douze de l’Hégire. Le ḥâfiẓ ʿAbd al-Ghanî (14) al-Maqdisî rapporte de lui qu’il a dit : «Je me remémore le récit du meurtre…»»