Il détourna le regard à son sujet (1), et le sultan Taqi al-Dîn ʿUmar ne l’exauça pas dans cette affaire. Alors le seigneur de Rum envoya vingt mille combattants l’assiéger. Le sultan Taqi al-Dîn ʿUmar dépêcha huit cents cavaliers, parmi lesquels se trouvait Sayf al-Dîn ʿAlî ibn Aḥmad al-Mashṭûb ; ils se heurtèrent à l’ennemi et, par la permission de Dieu le Très-Haut, le mirent en déroute. La main du roi Ṣalâḥ al-Dîn se posa alors sur la forteresse de Raʿbân, qui avait fait partie de la compensation accordée à Ibn al-Muqaddam en échange de Baalbek. Taqi al-Dîn ʿUmar se glorifiait de cette bataille, affirmant avoir vaincu vingt mille hommes – ou, selon certains, trente mille – avec seulement huit cents cavaliers. La raison en était qu’il les attaqua de nuit par surprise alors qu’ils étaient sans méfiance : ils ne purent tenir devant lui et prirent tous la fuite ; il en tua un grand nombre et s’empara de tout ce qu’ils avaient abandonné dans leurs tentes. On rapporte que cela leur advint le jour où le sultan vainquit les Francs à Marj ʿUyûn, et Dieu sait mieux.
Destruction de la forteresse « Bayt al-Aḥzân » près de Ṣafad
Ensuite, le sultan quitta ses quartiers à la tête de ses troupes pour se rendre à la forteresse que les Francs avaient érigée l’année précédente. Ils y avaient creusé un puits et l’avaient transformée en poste d’observation, avant de la remettre aux Templiers. Le sultan l’attaqua, l’assiégea, la sapa de tous côtés et y mit le feu, la rasant et la détruisant jusqu’aux fondations. Il s’empara alors des provisions qui s’y trouvaient, notamment cent mille pièces d’armement et une grande quantité de vivres. Il fit sept cents prisonniers, en tua certains et envoya les autres à Damas. Après quoi, il regagna Damas victorieux, bien que dix de ses émirs fussent morts, victimes de la chaleur et de l’épuisement durant le siège, qui avait duré quatorze jours. Quant au peuple, il reprit la coutume ancienne de se rendre en visite au sanctuaire de Jacob.