Al-ʿImād al-Kātib a dit : « Le sultan les passa en revue pendant la nuit jusqu’à ce que l’aube dissipât l’obscurité. Ce jour-là, il accomplit la prière de l’aube avec les ablutions de la prière du soir. Le sultan se trouvait alors assis, au cours de cette nuit, avec une vingtaine d’hommes (c’est cette troupe qui l’entourait). Dieu – exalté soit-Il – le préserva d’eux, et louange à Dieu, Seigneur de l’univers.
Par la suite, il les fit conduire à Damas pour qu’ils soient incarcérés dans sa citadelle et placés sous la protection de son autorité. Ibn al-Barzānī, seigneur de Ramla, se racheta l’année suivante pour cent mille dinars, puis cinquante mille dinars supplémentaires, et obtint la libération de mille prisonniers qui se trouvaient sur ses terres. On lui accorda cela. De même, un certain nombre d’entre eux rachetèrent leur liberté en versant de fortes sommes et en offrant des présents précieux. Quant à ceux qui moururent en prison, ils passèrent alors de ce cachot à Sijjīn. Telle est la manière dont Dieu traite les mécréants.
Il advint que, le même jour où le sultan triompha des Francs à Marj ʿUyūn, la flotte aperçut en mer un navire appartenant aux Francs, ainsi qu’un autre à proximité ; on en tira un butin de mille captifs, puis la flotte revint vers le littoral, soutenue et victorieuse. Les poètes célébrèrent le sultan par de nombreux éloges à l’occasion de cette expédition, et la nouvelle en fut envoyée à Bagdad, où les festivités battirent leur plein pour marquer la joie et l’allégresse suscitées par la victoire des musulmans sur les ennemis de Dieu, les criminels.
En ce temps-là, le roi al-Muẓaffar Taqī al-Dīn ʿUmar était absent de cette bataille, occupé à une affaire plus importante encore. En effet, le roi des Romains, Qārā Arslān, envoya réclamer la forteresse de Raʿbān, prétextant que Nūr al-Dīn la lui avait usurpée et que son fils… »