Il était un juriste de l’école shafi‘ite, qui se consacra à l’étude des divergences de doctrine et de la science dialectique. Par la suite, il s’en détourna pour se lancer dans la poésie. Il était l’une des personnes les plus versées dans la connaissance de la poésie arabe et de la diversité de ses dialectes.
On le surnomma « al-Ḥayṣ Bayṣ » (1) parce qu’il vit les gens en pleine agitation et en grand désordre, et s’exclama : « Qu’ont donc les gens à être dans ce ḥayṣ bayṣ ? », c’est-à-dire dans l’embarras et le tumulte. Ce sobriquet lui resta. Il prétendait descendre d’Aktham ibn Ṣayfī, le médecin des Arabes, et ne laissa pas de postérité. Il détenait un mandat (ḥawāla) à al-Ḥilla, et s’y rendit pour le recouvrer (2). Il mourut ensuite à Bagdad cette même année, qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Ensuite débuta l’année 575.]
Cette année-là eut lieu la bataille de Marj ‘Uyūn. L’année commença alors que le sultan Ṣalāḥ al-Dīn al-Nāṣir (3) campait sur la colline d’al-Qāḍī à Bāniyās avec son armée. Les Francs se lancèrent contre lui, mobilisant toutes leurs forces (4). Ṣalāḥ al-Dīn sortit à leur rencontre d’un élan de lion (5) et les affronta. Il ne fallut pas plus que les deux armées se retrouvent face à face (6) et entrent en collision (7) pour que Dieu fasse descendre Son secours, élève le rang de Ses soldats, et vainque à Lui seul les ennemis (8). Alors, les bannières de la croix prirent la fuite (9), tandis que la cavalerie de Dieu s’élançait pour frapper leurs cous (10). Un grand nombre d’entre eux furent tués (11). Plusieurs de leurs rois furent capturés et se soumirent alors en prêtant obéissance : parmi eux, le chef des Templiers (dāwiyya), celui des Hospitaliers (istibāriyya), le seigneur de Ramla, celui de Tibériade, le châtelain de Jaffa, ainsi que d’autres dignitaires ; de nombreux hommes valeureux et preux chevaliers tombèrent également, dont une grande partie appartenait à la chevalerie de Jérusalem, si bien que l’on dénombra près de trois cents prisonniers parmi l’élite des chrétiens (12). Ils furent menés enchaînés, chancelant comme des gens ivres, alors qu’ils ne l’étaient point (13).