Seyf ad-Dîn ‘Alî ibn Aḥmad al-Mashṭūb (1). À la frontière de Ḥimṣ, on trouvait son cousin Nāṣir ad-Dīn ibn Asad ad-Dīn Shīrkūh (2). Il envoya alors à son frère, Seyf ad-Dīn Abū Bakr, appelé al-Malik al-‘Ādil (3), qui exerçait la vice-royauté d’Égypte, l’ordre de lui expédier mille cinq cents cavaliers (4) pour l’aider dans sa lutte contre les Francs. Il écrivit également aux Francs pour leur ordonner de détruire la forteresse qu’ils avaient bâtie pour les Templiers. Ceux-ci refusèrent à moins qu’on ne les dédommage de leurs dépenses. Il leur offrit soixante mille dinars, mais ils ne consentirent pas. Il monta sa proposition jusqu’à cent mille dinars, mais ils la rejetèrent encore. Alors son neveu, Taqī ad-Dīn ‘Umar, lui dit : « Offre plutôt cette somme aux troupes (6) des musulmans, et dirige-toi vers cette forteresse pour la démolir (7). » Il s’exécuta et cela eut lieu (8) l’année suivante, comme (9) nous le mentionnerons plus loin, s’il plaît à Dieu.
La même année, le calife al-Mustaḍīʾ (10) ordonna d’inscrire sur la tombe de l’imām Aḥmad (11) ibn Ḥanbal (12) le verset du Trône (Āyat al-Kursī). Puis on ajouta : « Ceci est la tombe de la couronne de la Sunna, l’unique de la communauté (13), le hautement dévoué, le savant adorateur, le juriste ascète », et l’on mentionna (14) la date de son décès, qu’Allāh le Très-Haut lui fasse miséricorde (15).
Et durant cette même année, on prit des dispositions à Bagdad contre un poète qui déclamait à la cause des Rawāfiḍ (16), du nom d’Ibn Qarāyā (17), lequel se tenait dans les marchés pour réciter des vers où il dénigrait les Compagnons (18), les maudissait, les accusait d’injustice et s’en prenait à ceux qui les aimaient. On convoqua alors un tribunal à son encontre.