Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En cette année, le sultan An-Nāṣir Ṣalāḥ ad-Dīn supprima les péages et les taxes imposés aux pèlerins à La Mecque. Auparavant, de fortes sommes étaient perçues auprès des pèlerins du Maghreb, et celui qui ne pouvait s'en acquitter était jeté en prison, si bien qu’il risquait de manquer le stationnement à ‘Arafāt. Le sultan indemnisa alors l’émir de La Mecque en lui attribuant une dotation sur les terres d’Égypte, et il fut convenu qu’on lui enverrait chaque année huit mille ardab de grains à La Mecque, pour l’assister, lui et ses suivants, tout en facilitant l’approvisionnement des résidents locaux qui pouvaient en faire l’achat. Il établit également des subsides pour les personnes établies sur place, sous forme de récoltes et de dons qui leur seraient livrés en tout temps.

La même année, l’émir Shams ad-Dīn ibn Muqaddam se rebella à Baalbek et ne vint pas au service du sultan, alors que ce dernier campait aux abords de Ḥimṣ. La raison en était qu’il avait appris que le frère du sultan, Turān Shāh, avait réclamé la ville de Baalbek, et que le sultan la lui avait accordée. Ibn Muqaddam refusa donc de quitter la cité tant que le sultan ne s’y rendrait pas en personne. Le sultan arriva alors et l’assiégea sans livrer bataille. [Puis la pluie et la grêle tombèrent, le contraignant à retourner à Damas au mois de Rajab, après avoir confié le soin d’assiéger la ville à ses hommes, toujours sans affrontement direct.] Finalement, le sultan octroya à Ibn Muqaddam une compensation considérable, plus avantageuse que ce qu’il possédait déjà. Ainsi, Ibn Muqaddam quitta la ville, qui fut remise à Turān Shāh.

Ibn al-Athīr rapporte que cette année-là connut une grande cherté due à la rareté des pluies. Cette disette toucha l’Irak, la Syrie et les terres d’Égypte, et dura jusqu’à l’année soixante-quinze, lorsque la pluie revint et que les prix baissèrent. Mais elle fut suivie d’une épidémie sévère, un seul mal se propageant dans toutes les régions, connu sous le nom de « birsām » (pleurésie), qui ne s’apaisa qu’en l’année soixante-seize. Dans cette épidémie, un nombre incalculable de personnes périrent, des multitudes dont seul leur Créateur connaît le véritable effectif.

(1) Non présent dans A. (2) Édition : al-Gharb. (3) Édition : avec les biens qu'il lui a alloués en Égypte. (4) Édition : et a décidé. (5) Sa traduction figurera dans les événements de l'an 583 de ce volume. (6) A : son frère. (7) Sa traduction figurera dans les événements de l'an 576 de ce volume. (8) Édition : de lui. (9) Édition : alors Ibn al-Muqaddam s'abstint de sortir d'elle. (10) B : ils l'ont encerclé. (11) D'après A seulement. (12) Ibn al-Athir (9/145). (13) A, B : mais cela fut suivi. (14) Édition : et une seule maladie, à savoir la pleurésie, ce qui est la version d'Ibn al-Athir. (15) C'est ce qu'on appelle la pleurésie, une inflammation de la membrane entourant le poumon (al-Muʿjam al-Wasīṭ). (16) Édition : à cause de cela. (17) Édition : sauf Dieu.
وفيها: أسقط السلطان الناصر (١) صلاح الدين المكوس والضرائب عن الحجاج بمكة، وقد كان يؤخذ من حجاج المغرب (٢) شيء كثير، ومن عجز عن أدائه حبس، فربما فاته الوقوف بعرفة، وعوّض أميرها بمال يقطعه (٣) بديار مصر، وأن يحمل إِليه في كل سنة ثمانية آلاف أردبّ غلة إِلى مكة، ليكون عونًا له ولأتباعه ورفقًا بما تيسر على المجاورين من ابتياعه، وقرر (٤) للمجاورين أيضًا غلات، تحمل إِليهم وصلات، (رحمه الله) في سائر الأوقات. وفيها: عصى الأمير شمس الدين بن مقدم (٥) ببعلبك، ولم يجيء إِلى خدمة السلطان، وهو نازل على ظاهر حمص، وذلك أنه بلغه أن أخا (٦) السلطان توران شاه (٧) طلب بعلبك من السلطان (٨) فأطلقها له، فامتنع من الخروج منها ابن مقدم (٩) حتى جاء السلطان بنفسه، فحصره (١٠) فيها من غير قتال، [فجاءت الأمطار والبَرَد، فعاد إِلى دمشق في رجب، ووكل بالبلد من يحصره من غير قتال] (١١) ، ثم عوّض ابن مقدم عنها بتعويض كثير خير مما كان بيده، فخرج منها وتسلمها تورانشاه. قال ابن الأثير (١٢) : وكان في هذه السنة غلاء شديد، بسبب قلة المطر، وعمّ العراق والشام وديار مصر، واستمر إِلى سنة خمس وسبعين، فجاء المطر، ورخصت الأسعار، ثم عقب ذلك (١٣) وباءٌ شديد، وعمَّ البلاد مرضٌ واحد (١٤) وهو البرسام (١٥) ، فما ارتفع إِلا في سنة ست وسبعين، فمات في (١٦) ذلك الوباء خلق كثير، وأمم لا يعلم عددهم إِلا الذي خلقهم (١٧) .
(١) ليس في أ. (٢) ط: الغرب. (٣) ط: بمال أقطعه إِياه بمصر. (٤) ط: وقررت. (٥) سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٨٣ من هذا الجزء. (٦) أ: أخاه. (٧) سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٧٦ من هذا الجزء. (٨) ط: منه. (٩) ط: فامتنع ابن المقدم من الخروج منها. (١٠) ب: فحصروه. (١١) عن أ وحدها. (١٢) ابن الأثير (٩/ ١٤٥). (١٣) أ، ب: ولكن تعقب ذلك. (١٤) ط: ومرض واحد وهو السرسام، وهي رواية ابن الأثير. (١٥) هو ذات الجنب، وهو التهاب في الغشاء المحيط بالرئة. (المعجم الوسيط). (١٦) ط: بسبب ذلك. (١٧) ط: إِلا الله.

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