Il se rendit au Šām (Grande Syrie) pour combattre les Francs – que Dieu les maudisse (1). Son arrivée à Damas eut lieu le vingt-quatrième jour de Šawwāl (2), accompagné de l’imād (le secrétaire), tandis que le qāḍī al-Fāḍil resta en Égypte (3), résolu à accomplir le pèlerinage cette année – puisse Dieu l’agréer (4).
Au cours de cette même année, une lettre (5) du qāḍī al-Fāḍil parvint à al-Nāṣir pour le féliciter de la naissance (6) d’un fils, Abū Sulaymān Dāwud, qui venait s’ajouter (7) à ses douze garçons déjà existants. Il eut par la suite plusieurs autres fils également, puisqu’il mourut en laissant dix-sept garçons et une jeune fille (8), Mu’annisah, que son cousin al-Kāmil Muḥammad ibn al-‘Ādil (9) épousa, comme on l’expliquera en temps voulu, si Dieu le veut (10).
Au cours de cette même année, il se produisit (11) à Bagdad une grave émeute entre la communauté juive et la population. L’événement trouva son origine dans le fait qu’un muezzin appela à la prière près d’une synagogue, et qu’un Juif lui adressa de rudes propos. Le musulman l’insulta à son tour (12), puis ils en vinrent aux coups. Le muezzin se plaignit ensuite auprès des autorités, la situation s’aggrava, la foule se rassembla et fit grand bruit. Lorsque vint le vendredi (13), les gens du peuple empêchèrent la tenue du khuṭbah (sermon) dans certaines mosquées et sortirent aussitôt pour piller le marché des parfumeurs, où se trouvaient des Juifs, puis ils pillèrent la synagogue. La police ne put les en empêcher, si bien que le calife ordonna la crucifixion de certains d’entre eux. Il fit alors sortir, de nuit, un groupe de voleurs de la prison (14), et ils furent crucifiés. Beaucoup pensèrent que cette mesure procédait de l’incident en question, et l’émeute (15) s’apaisa, louange à Dieu.