Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Par un temps de grande chaleur, il entra dans une ruine alors qu’il était sur son âne. Il descendit de son âne et portait deux paniers : l’un contenait des figues et l’autre des raisins. Il s’installa à l’ombre de ce lieu en ruine et sortit un plat qu’il avait avec lui. Il pressa les raisins qu’il y déposa, puis sortit un morceau de pain sec qu’il mit dans le jus afin de le ramollir pour pouvoir le manger. Ensuite, il s’allongea sur le dos, posa ses jambes contre le mur et observa la voûte de ces demeures, voyant ce qu’elles renfermaient alors qu’elles tenaient encore sur leurs piliers, alors même que leurs habitants avaient disparu. Il vit des ossements en ruine et s’exclama : « Comment Dieu redonnera-t-Il la vie à ceci après sa mort ? » Il ne doutait pas du pouvoir de Dieu de ressusciter les morts, mais il le disait par étonnement.

Dieu envoya alors l’Ange de la Mort pour saisir son âme et le fit mourir cent ans. Lorsque ces cent années furent écoulées – durant lesquelles il s’était produit divers événements chez les Fils d’Israël –, Dieu dépêcha un ange vers ‘Uzayr. Celui-ci recréa son cœur pour qu’il puisse comprendre, puis ses yeux pour qu’il puisse voir et saisir comment Dieu fait revivre les morts. Ensuite, l’ange reconstitua l’ensemble de son corps sous son regard : il recouvrit ses ossements de chair, de poils et de peau, puis insuffla en lui l’âme, alors qu’il en était parfaitement conscient. ‘Uzayr se redressa et l’ange lui demanda : « Combien de temps es-tu resté [mort] ? » Il répondit : « Un jour. » En effet, il était décédé durant la première partie du jour, vers midi, et ressuscité en fin de journée, le soleil n’étant pas encore couché. Il ajouta : « Ou une partie d’un jour, car la journée n’est pas encore terminée pour moi. »

L’ange lui dit alors : « Non, tu es resté cent ans. Regarde ta nourriture et ta boisson. » Il s’agissait de son pain sec et du jus qu’il avait pressé dans le plat : ils étaient demeurés intacts, sans que le jus ne s’abîme ni que le pain ne s’altère. C’est ce que signifie la parole : « Il ne s’est pas gâté », autrement dit il n’a subi aucun changement. De même, les figues et les raisins étaient restés frais et n’avaient pas changé d’aspect. ‘Uzayr éprouva un doute dans son for intérieur. L’ange lui demanda : « Mettrais-tu en cause ce que je viens de t’exposer ? Regarde donc ton âne. » Lorsque ‘Uzayr porta son regard sur lui, il vit que ses ossements s’étaient réduits en poussière. L’ange appela alors ces ossements, qui affluèrent de toutes parts. L’ange les assembla sous les yeux de ‘Uzayr, puis leur donna des nerfs et des vaisseaux sanguins, les revêtit de chair, fit pousser la peau et les poils, puis insuffla de nouveau la vie dans l’animal.

L’âne se dressa en levant la tête et les oreilles vers le ciel, en poussant un braiment, croyant que l’Heure (de la Résurrection) était arrivée. C’est le sens du verset : « Regarde donc ton âne, et Nous ferons de toi un signe pour les gens ; observe ces ossements, comment Nous les relevons et les recouvrons de chair. » Autrement dit : vois les os de ton âne s’assembler pour former sa silhouette, puis regarde comment Nous les couvrons de chair. Lorsque cela lui devint clair, ‘Uzayr s’exclama : « Je sais que Dieu est capable de toute chose », notamment de rendre la vie aux morts.

‘Uzayr remonta alors sur son âne et se dirigea vers son quartier. Il ne reconnut plus personne, pas plus que les gens ne le reconnurent, et ce lieu lui était devenu étranger. Plongé dans la confusion, il se rendit ensuite à son ancienne demeure, où il trouva une très vieille femme, aveugle et paralysée, âgée de cent vingt ans. C’était une servante de la famille. Elle l’avait connu et s’en rappelait, car il l’avait laissée lorsqu’elle n’avait que vingt ans. Les années la frappèrent de vieillesse et de maladie.

‘Uzayr lui demanda : « Dis-moi, est-ce bien ici la maison de ‘Uzayr ? » Elle répondit : « Oui, c’est bien la demeure de ‘Uzayr. » Elle se mit à pleurer et ajouta : « Je n’ai entendu personne mentionner ‘Uzayr depuis tant d’années ; les gens l’ont oublié. » Il lui dit : « Je suis ‘Uzayr. Dieu m’a fait mourir cent ans puis Il m’a ressuscité. » Elle s’exclama : « Gloire à Dieu ! »

(1) Dans la version L : « il comprenne son cœur ». (2) Dans la version B : « il dormait ». Dans l'extrait abrégé d'Ibn ʿAsākir : il dormait en plein jour.
الحر، ودخل الخربة وهو على حماره، فنزل عن حماره ومعه سلَّة فيها تين وسلَّة فيها عنب، فنزل في ظل تلك الخربة وأخرج قصعة معه، فاعتصر من العنب الذي كان معه في القصعة، ثم أخرج خبزاً يابساً معه فألقاه في تلك القصعة في العصير ليبتل ليأكله، ثم استلقى على قفاه وأسند رجليه إلى الحائط، فنظر سقف تلك البيوت ورأى ما فيها وهي قائمة على عروشها وقد باد أهلها، ورأى عظاماً بالية فقال: ﴿أَنَّى يُحْيِي هَذِهِ اللَّهُ بَعْدَ مَوْتِهَا﴾ فلم يشك أن الله يحييها، ولكن قالها تعجُّباً، فبعث الله ملك الموت فقبض روحه، فأماته الله مئة عام. فلما أتت عليه مئة عام وكانت فيما بين ذلك في بني إسرائيل أمور وأحداث، قال: فبعث الله إلى عزير مَلَكاً فخلق قلبه ليعقل (١) به، وعينيه لينظر بهما فيعقل كيف يحيي الله الموتى. ثمّ ركَّب خلفه وهو ينظر ثمّ كَسَى عظامه اللحم والشعر والجلد، ثمّ نفخ فيه الروح، كلّ ذلك وهو يرى ويعقل، فاستوى جالساً، فقال له الملَك: كم لبثتَ؟ قال: لبثت يوماً، وذلك أنه كان لبث (٢) صدر النهار عند الظهيرة، وبعث في آخر النهار والشمس لم تغب، فقال: أو بعض يوم، ولم يتم لي يوم، فقال له الملك: بل لبثت مئة عام، فانظر إلى طعامك وشرابك، يعني الطعام الخبز اليابس، وشرابه العصير الذي كان اعتصر في القصعة فإذا هما على حالهما، لم يتغير العصير، والخبز يابس، فذلك قوله: ﴿لَمْ يَتَسَنَّهْ﴾ يعني لم يتغير، وكذلك التين والعنب غض لم يتغير عن شيء من حالهم، فكأنه أنكر في قلبه، فقال له الملك: أنكرتَ ما قلتُ لك؟ انظر إلى حمارك، فنظر إلى حماره قد بليت عظامه وصارت نَخِرة، فنادى الملكُ عظامَ الحمار، فأجابت وأقبلت من كلَّ ناحية حتى ركبه الملك، وعزير ينظر إليه، ثمّ ألبسها العروق والعصب، ثمّ كساها اللحم، ثمّ أنبت عليها الجلد والشعر، ثم نفخ فيه الملك فقام الحمار رافعاً رأسه وأذنيه إلى السماء ناهقاً يظن القيامةَ قد قامت، فذلك قوله: ﴿وَانْظُرْ إِلَى حِمَارِكَ وَلِنَجْعَلَكَ آيَةً لِلنَّاسِ وَانْظُرْ إِلَى الْعِظَامِ كَيْفَ نُنْشِزُهَا ثُمَّ نَكْسُوهَا لَحْمًا﴾ يعني: وانظر إلى عظام حمارك كيف يركب بعضها بعضاً في أوصالها حتى إذا صارت عظاماً مصوراً حماراً بلا لحم، ثمّ انظر كيف نكسوها لحماً، فلما تبيّن له قال: ﴿أَعْلَمُ أَنَّ اللَّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ﴾ من إحياء الموتى وغيره. قال: فركب حماره حتى أتى محلّته، فأنكره الناسُ، وأنكر الناسَ، وأنكر منزله، فانطلق على وهم منه حتى أتى منزله، فإذا هو بعجوز عمياء مقعدة قد أتى عليها مئة وعشرون سنة، كانت أَمَةً لهم، فخرج عنهم عزير وهي بنت عشرين سنة كانت عرفته وعقلته، فلما أصابها الكبر أصابها الزمانة. فقال لها عزير: يا هذه أهذا منزل عزير؟ قالت: نعم هذا منزل عزير، فبكت وقالت: ما رأيت أحداً من كذا وكذا سنةً يذكر عزيراً وقد نسيه الناس قال: فإني أنا عزير كان الله أماتني مئة سنة ثم بعثني. قالت: سبحان الله
(١) في ط: ليعقل قلبه. (٢) في ب: نام. في مختصر ابن عساكر: كان نام في صدر النهار.

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