Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Malik al-Muzaffar Taqi ad-Dîn ‘Umar (1), neveu du sultan, se fit capturer son fils, Shahanshah, qui demeura parmi les ennemis durant sept années. Son autre fils, un jeune à peine pubère, fut tué. Il s’affligea alors sur l’un, disparu, et sur l’autre, assassiné, tout en faisant preuve de patience à l’exemple de (la patience de) Ayoub, et il se lamenta comme se lamenta (le prophète) Dâwud. Les deux frères juristes, Diyâ’ ad-Dîn ‘Isâ (2) et Zahîr ad-Dîn, furent également faits prisonniers. Le sultan les racheta plusieurs années plus tard (3) pour quatre-vingt-dix (4) mille dinars.

Cette même année, l’autorité se trouva en grand désordre à Alep. Le sultan, al-Malik as-Sâlih Ismâ‘îl ibn Nûr ad-Dîn, fit arrêter le chambellan Kamishtikîn et l’obligea à livrer la citadelle de Hârim, qui était en sa possession. Celui-ci refusa, alors il le suspendit la tête en bas et fit brûler de l’encens sous son nez jusqu’à ce qu’il meure sur-le-champ. Les Francs marchèrent contre Hârim, mais la place-forte leur résista, puis elle fut livrée à al-Malik as-Sâlih.

La même année, un grand roi parmi ceux des Francs arriva, cherchant à s’emparer de la Syrie profitant de l’absence du sultan et de la négligence de ses lieutenants, occupés par leurs plaisirs (5). Al-‘Imâd al-Kâtib rapporta que, selon l’une des conditions de la trêve avec les Francs, si l’un de leurs grands rois venait et qu’ils fussent dans l’impossibilité de l’empêcher d’agir, ils devaient combattre à ses côtés, le soutenir et le secourir. Lorsqu’il se retirait, la trêve reprenait alors son cours initial. Ainsi, ce roi s’avança, à la tête de l’ensemble de ses troupes franques (6), sur la ville de Hama, dont le seigneur, Shihâb ad-Dîn Mahmûd, oncle maternel du sultan, était malade. Le gouverneur de Damas et d’autres émirs se livraient à leurs plaisirs (7), si bien que les Francs faillirent prendre la cité. Mais Dieu les mit en déroute après quatre jours, et ils se dirigèrent alors vers Hârim, sans réussir à la conquérir. Al-Malik as-Sâlih, seigneur d’Alep, les repoussa en leur cédant l’argent et les prisonniers qu’ils demandaient (8). À cette époque, mourut l’émir Shihâb ad-Dîn Mahmûd ibn Tutush, oncle maternel du sultan [an-Nâsir]. Peu avant (9), son fils Tutush décéda [trois jours plus tôt] (10), que Dieu leur fasse miséricorde (11).

Lorsque le sultan al-Malik an-Nâsir apprit que les Francs avaient assiégé Hârim, il quitta les territoires égyptiens (12) pour se porter vers ces contrées

(1) Sa biographie sera mentionnée dans les événements de l'année 587 de ce volume. (2) Sa biographie sera mentionnée dans les événements de l'année 585 de ce volume. (3) T : deux ans. (4) A : soixante-dix. (5) T : dans leurs pays. C'est une erreur de lecture. (6) N'existe pas dans T. (7) T : dans leurs pays. Erreur de lecture. (8) B : ce que les infidèles et les chrétiens ont demandé, et non : de lui, dans A, B. (9) Extrait uniquement de T. (10) N'existe pas dans B. (11) Extrait uniquement de B. (12) T : il fit son apparition avec ses compagnons.
وأُسر للملك المُظفّر تقي الدين عمر (١) بن أخي السلطان ولده شاهنشاه، فبقي عندهم سبع سنين، وقُتل ابنه الآخر، وكان شابًا قد طرّ شاربه، فحزن على المقتول والمفقود، وصبر تأسيًّا بأيوب، وناح كما ناح داود، وأُسر الفقيهان الأخوان، ضياء الدين عيسى (٢) وظهير الدين، فافتداهما السلطان بعد سنين (٣) بتسعين (٤) ألف دينار. وفيها: تخبَّطت الدولة بحلب، وقبض السلطان الملك الصالح إِسماعيل بن نور الدين على الخادم كمشتكين، وألزمه بتسليم قلعة حارم، وكانت له، فأبى من ذلك، فعلّقه منكوسًا، ودخن تحت أنفه حتى مات من ساعته. وقصدت الفرنج حارم، فامتنعت عليهم، ثم سلِّمت إِلى الملك الصالح. وفيها: جاء ملك كبير من ملوك الفرنج يروم أخذ الشام لغيبة السلطان، واشتغال نوابه بلذاتهم (٥) . قال العماد الكاتب: ومن شرط هدنة الفرنج أنه متى جاء ملك كبير من ملوكهم، لا يمكنهم دفعه فإِنهم يقاتلون معه ويؤازرونه وينصرونه، فإِذا انصرف عنهم عادت الهدنة كما كانت. فقصد هذا الملك وجملة الفرنج معه (٦) مدينة حماة، وصاحبها شهاب الدين محمود خال السلطان مريض، ونائب دمشق ومَنْ معه من الأمراء مشغولون بلذاتهم (٧) ، فكادوا يأخذون البلد، ولكن هزمهم الله بعد أربعة أيام، فانصرفوا إِلى حارم، فلم يتمكنوا من أخذها، وكشفهم عنها الملك الصالح صاحب حلب، وقد دفع إِليهم من الأموال والأسارى ما طلبوه منه (٨) ، وتوفي صاحب حماة الأمير شهاب الدين محمود بن تتش خال السلطان [الناصر، وتوفي] (٩) قبله ولده تُتُش [بثلاثة أيام] (١٠) ، (رحمه الله) (١١) . ولما سمع السلطان الملك الناصر بنزول الفرنج على حارم برز من الديار المصرية (١٢) قاصدًا بلاد
(١) سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٨٧ من هذا الجزء. (٢) سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٨٥ من هذا الجزء. (٣) ط: سنتين. (٤) أ: بسبعين. (٥) ط: ببلدانهم. وهو تصحيف. (٦) ليس في ط. (٧) ط: ببلدانهم. تصحيف. (٨) ب: ما طلبه الكفرة والنصارى، وليست: منه، في أ، ب. (٩) عن ط وحدها. (١٠) ليس في ب. (١١) عن ب وحدها. (١٢) ط: برز من معه.

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