Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les concessions (1) furent abondantes et l’on affecta au profit de la flotte, à partir du trésor public et de ses revenus, de quoi subvenir à tous ses besoins. Ensuite, le sultan revint au Caire pendant le mois de Ramadan et y acheva son jeûne.

Cette année-là, le sultan Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf ordonna la construction d’une école pour les adeptes du madhhab shāfi‘ite sur la tombe de l’imam (2) ash-Shāfi‘ī, et il désigna le shaykh Najm al-Dīn al-Khabūshānī (3) comme enseignant et administrateur de cette école.

La même année, il ordonna l’édification d’un maristān (hôpital) au Caire et le pourvut de nombreux waqfs (4).

La même année également, l’émir Mujāhid al-Dīn Qīmāz (5), gouverneur de la citadelle de Mossoul, fit construire à l’extérieur de la ville de Mossoul une belle mosquée, un ribāṭ, une école ainsi qu’un maristān adjacents. Son décès fut retardé jusqu’en l’an cinq quatre-vingt-quinze (de l’Hégire) [– qu'Allah lui fasse miséricorde –] (6). Il possédait plusieurs écoles, khawāniq (7) et mosquées, en dehors de celles déjà mentionnées. C’était un homme pieux, bon et vertueux, de rite ḥanafite, qui aimait à discuter de littérature, de poésie et de fiqh, et qui jeûnait et priait beaucoup la nuit. Qu’Allāh sanctifie son âme.

Cette même année, on expulsa (8) les lépreux de Bagdad vers un quartier séparé, afin de les distinguer des personnes saines. Nous demandons à Dieu, par Sa grâce et Sa générosité, de nous accorder la santé.

Ibn al-Jawzī rapporte dans son ouvrage « Al-Muntaẓam » (9) qu’une femme raconta : « Je marchais dans la rue, et un homme me faisait face chaque fois que je passais devant lui. Je lui dis : “Il n’y a aucun moyen pour toi d’obtenir ce que tu recherches de ma part, si ce n’est par un contrat officiel et des témoins.” Alors il m’épousa devant le juge. Je demeurai un temps auprès de lui, puis il souffrit d’un gonflement du ventre (10). Nous pensions qu’il s’agissait d’hydropisie et le soignâmes en conséquence. Au bout d’un certain temps, il mit au monde un enfant, comme le font les femmes ; il s’avéra être un être d’ambiguïté sexuelle (khunthā mushkil). C’est l’une des choses les plus étranges, et Dieu, exalté soit-Il, sait mieux. »

Parmi les notables décédés cette année-là, on compte ‘Alī ibn ‘Asākir ibn al-Murraḥḥab ibn al-‘Awwām (11), Abū al-Ḥasan al-Baṭā’iḥī, réciteur et grammairien.

(1) Éd. : selon cela. (2) Dans « A » seulement. (3) Il s'agit de Muḥammad ibn al-Muwaffaq ibn Saʿīd ; sa biographie sera donnée dans les événements de l'année 587 de ce volume. (4) Éd. : debout. (5) Sa biographie sera donnée dans les événements de l'année 595 de ce volume. (6) N'existe pas dans « A ». (7) Dans « A » : khawāniq et madrasât ; dans l'éd. : wa khawāniqāt. (8) Éd. : l'ordre du calife d'expulser ; le récit se trouve dans Al-Muntaẓam (10/263). (9) Al-Muntaẓam (10/266). (10) Éd. : dans son ventre. (11) Sa biographie dans Al-Muntaẓam (10/267), Maʿjam al-Udabāʾ (14/61-62), Ibn al-ʿAṯīr (9/139), Inbāh al-Rawwā (2/298), Tārīkh al-Islām (12/512), Al-ʿIbar - Koweït (4/215) - Beyrouth (3/62), et Nukat al-Hummayān (214-215).
الإقطاعات الجزيلة (١) ، وأرصد لصالح الأسطول من بيت المال ومغلاته ما يكفيه لجميع شؤونه، ثم عاد السلطان إِلى القاهرة في أثناء رمضان فأكمل صومه بها. وفيها: أمر السلطان صلاح الدين يوسف ببناء مدرسة للشافعية على قبر الإمام (٢) الشافعي وجعل الشيخ نجم الدين الخبوشاني (٣) مدرِّسها وناظرها. وفيها: أمر ببناء المارستان بالقاهرة، ووقف عليه أوقافًا (٤) كثيرة. وفيها: بنى الأمير مجاهد الدين قيماز (٥) نائب قلعة الموصل جامعًا حسنًا ورباطًا ومدرسة ومارستانًا متجاورات بظاهر مدينة الموصل، وقد تأخرت وفاته إِلى سنة خمس وتسعين وخمسمائة [ (رحمه الله) ] (٦) . وله عدة مدارس وخوانق (٧) وجوامع غير ما ذكرنا. وكان دينًا خيرًا فاضلًا حنفي المذهب، يذاكر في الأدب والأشعار والفقه، كثير الصيام وقيام الليل، قدس الله روحه. وفيها: أُخرج (٨) المجذومون من أهل بغداد إِلى ناحية منها ليتميّزوا عن أهل العافية، نسأل الله العافية بفضله وكرمه. وذكر ابن الجوزي في "المنتظم" (٩) عن امرأة أنها قالت: كنت أمشي في الطريق، وكان رجل يعارضني كلما مررت به، فقلت له: إِنه لا سبيل إِلى هذا الذي ترومه مني إِلا بكتاب وشهود، فتزوجني عند الحاكم، فمكثت معه مدة، ثم اعتراه انتفاخ بطنه (١٠) ، فكنا نظن أن به استسقاءً، فنداويه لذلك، فلما كان بعد مدة، ولد ولدًا كما تلد النساء، وإِذا هو خنثى مشكل، وهذا من أغرب الأشياء، والله تعالى أعْلم. وممن توفي فيها من الأعيان: علي بن عساكر بن المُرَحَّب بن العوام (١١) ، أبو الحسن البطائحي المقرئ اللغوي.
(١) ط: على ذلك. (٢) عن أ وحدها. (٣) هو محمد بن الموفق بن سعيد، سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٨٧ من هذا الجزء. (٤) ط: وقوفًا. (٥) سترد ترجمته في حوادث سنة ٥٩٥ من هذا الجزء. (٦) ليس في أ. (٧) أ: خوانق ومدارس، وفي ط: وخوانقات. (٨) ط: أمر الخليفة بإِخراج، والخبر في المنتظم (١٠/ ٢٦٣). (٩) المنتظم (١٠/ ٢٦٦). (١٠) ط: ببطنه. (١١) ترجمته في المنتظم (١٠/ ٢٦٧) ومعجم الأدباء (١٤/ ٦١ - ٦٢) وابن الأثير (٩/ ١٣٩) وإِنباه الرواة (٢/ ٢٩٨) وتاريخ الإسلام (١٢/ ٥١٢) والعبر -الكويت (٤/ ٢١٥) - بيروت (٣/ ٦٢) ونكت الهميان (٢١٤ - ٢١٥).

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