Il confia cette affaire au Qadi al-Fadil, qui conseilla alors à al-Diyaʾ de demander à être relevé de sa fonction de juge. Celui-ci s’exécuta, fut démis de ses fonctions, et conserva le poste d’agent de la trésorerie (Bayt al-Mal). Le sultan nomma ensuite Ibn Abi ʿAsrun à la magistrature, à condition qu’il désigne pour le suppléer le juge Muhyi al-Din Abû al-Maʿâlî Muhammad ibn Zaki al-Din et al-Awhad. Il s’y conforma. Quelques années plus tard, Muhyi al-Din Abû Hâmid ibn Abi ʿAsrun assuma lui-même la fonction de juge à la place de son père, Sharaf al-Din, dont la vue avait faibli.
Au mois de Safar de cette même année, le sultan al-Malik al-Nasir constitua la dotation (waqf) du village de Khurram au profit de la zawiya al-Ghazâliyya et de ceux qui s’y consacraient à l’étude des sciences religieuses, ou de tout ce dont un juriste peut avoir besoin. Il en confia la supervision à Qutb al-Din al-Naysaburi, qui en était l’enseignant.
Durant ce même mois, le sultan Salah al-Din épousa la dame Khatun ʿIsmat al-Din, fille de Muʿîn al-Din Unur. Elle avait été l’épouse du roi Nur al-Din Mahmûd et demeura après la mort de ce dernier dans la citadelle, traitée avec respect, honneur et vénération. Son frère, l’émir Saʿd al-Din Masʿûd ibn Unur, mena à bien la cérémonie de son mariage avec le sultan. Le juge Ibn Abi ʿAsrun y assista avec un groupe de témoins. Le sultan passa la nuit de ses noces ainsi que la suivante auprès d’elle, puis, deux jours après leur union, il se mit en route pour l’Égypte. Il partit un vendredi avant la prière, fit halte à Marj al-Suffar, puis poursuivit sa route et s’arrêta le soir près de la ville de al-Ṣanamayn.