Dans les événements de l’année 741 de l’Hégire :
« Le mardi, dernier jour du mois de Chawwâl, se tint une assemblée à la Dâr al-‘Adl (Maison de la Justice) au sein de la Dâr as-Sa‘âda (Palais de la Félicité). J’y étais présent ce jour-là, et les juges ainsi que les notables s’y réunirent selon l’usage. On y amena alors ‘Uthmân ad-Dakkâlî – qu’Allah le déshonore – et on l’accusa de déclarations si graves qu’on n’en avait jamais entendu de semblables, ni de la part d’al-Hallâj ni de celle d’Ibn Abî l-‘Azâqir al-Shalmaghânî. Les témoignages recueillis contre lui établirent qu’il prétendait à la divinité – qu’Allah le maudisse – ainsi que d’autres propos portant atteinte aux prophètes, et sa fréquentation de ceux qui semaient le doute, tels les Bâjirîqiyya et d’autres adeptes de l’ittihâd (union mystique), – qu’Allah les maudisse tous.
Le juge malikite fut prié de prononcer sa sentence. Il loua alors Allah, L’exalta, pria sur Son Messager, puis décréta la mise à mort par effusion de sang, même s’il se repentait. L’intéressé fut aussitôt saisi et on lui trancha la tête au Sûq al-Khayl (marché aux chevaux). On proclama : “Voilà le châtiment de celui qui adopte la doctrine de l’ittihâd.” Ce fut un événement mémorable à la Dâr as-Sa‘âda, auquel de nombreux notables et cheikhs assistèrent, y compris notre maître, l’historien et hadithologue Jamâl ad-Dîn al-Mizzî, ainsi que notre maître Shams ad-Dîn adh-Dhahabî. Ils prirent la parole et incitèrent fortement à l’action dans cette affaire. L’hérésie de l’accusé fut attestée sur la foi de sa notoriété publique, ce que confirma également le cheikh Zayn ad-Dîn, frère du cheikh Taqiyy ad-Dîn Ibn Taymiyya.
Les trois juges – malikite, hanafite et hanbalite – quittèrent ensuite l’assemblée : ils avaient donné effet à sa sentence dans l’assemblée. Ils assistèrent à l’exécution de l’accusé. Pour ma part, j’ai suivi toutes ces étapes, du début à la fin. »