Il arriva alors et s’installa en face de la ville, sur la montagne de Jûshan, et sa tente fut dressée au sommet de la Yârûqiyya (1). C’était le quinzième jour de Dhu al-Hijja. Il rassembla les fonds et préleva l’impôt dans les villages, interdisant qu’il entre ou sorte quoi que ce fût de la ville (2). Son siège (3) se poursuivit ainsi jusqu’à la fin de l’année.
Au cours du mois de Dhu al-Hijja de cette même année, Shams al-Dawla (4) Turânshâh, frère du sultan, revint du Yémen [en raison de son grand désir] (5) de retrouver (6) son frère et les siens, ainsi que la Syrie, sa douceur et son ombre, car il était las de la chaleur du Yémen, bien qu’il y eût amassé de grandes richesses. [Son frère, le roi an-Nâsir, se réjouit de son arrivée et gagna en vigueur grâce à lui. Lorsqu’ils se retrouvèrent, an-Nâsir, le conseiller bienveillant et loyal] (7) déclara : «Je suis Joseph et voici mon frère» [Yûsuf : 90].
Il avait désigné Shams al-Dawla comme son gouverneur au Yémen, ne confiant l’administration de ses provinces qu’à des proches pour lesquels il avait de précédents bienfaits. Quand il s’établit auprès de son frère, celui-ci le nomma gouverneur de Damas et de ses dépendances. Il est rapporté qu’il était arrivé avant la bataille d’al-Muwâsala, et qu’il fut l’une des principales causes de la victoire grâce à sa bravoure, sa hardiesse, sa maîtrise de l’équitation et son courage (10).
Cette même année, Taqî ad-Dîn ‘Umar, neveu du sultan (11), dépêcha son mamelouk Bahâ’ ad-Dîn Qaraqûsh (12) à la tête d’une armée vers les contrées du Maghreb. Il y conquit de nombreuses régions, s’empara de grandes richesses, puis revint en Égypte, où il se plut, et laissa derrière lui ces territoires.
Cette année encore, arriva à Damas le grand prédicateur Abû al-Futûh ‘Abd as-Salâm ibn Yûsuf ibn Muhammad ibn Muqalid at-Tanûkhî, de souche damascène mais élevé à Bagdad. Al-‘Imâd l’évoque dans «al-Kharîda» (13) et dit :