Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les jeunes esclaves et les chanteuses étaient présentes, et il avait avec lui plus d’une centaine de chanteuses. Il rapporta les cages et les instruments de divertissement (1) et de jeu à Alep. Il déclara : « Dites-lui (2) : ces choses te sont-elles plus chères que l’inclinaison, la prosternation et la guerre ? » On trouva l’armée de Mossoul semblable à une taverne, tant l’abondance du vin, des luths et des amusements y était grande. Voilà la voie de tout débauché, de celui qui s’écarte de la bonne conduite, tout occupé qu’il est de futilités.

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Lorsque les habitants d’Alep retournèrent dans leur ville, ils revinrent avec un sort funeste et regrettèrent d’avoir rompu leurs serments (3), outrepassé l’obéissance au Miséricordieux et rompu l’union sous l’autorité du sultan. Ils fortifièrent alors la cité, craignant l’assaut du « lion ». Le seigneur de Mossoul se hâta de rejoindre sa ville et ne s’arrêta qu’après y être effectivement entré.

(4) Quant au sultan Ṣalāḥ al-Dīn, dès qu’il eut terminé de répartir le butin qu’il avait pris — qu’il s’agisse de ce qui était perdu ou de ce qui fut sauvé — il se mit rapidement en route en direction d’Alep la resplendissante, au faîte de sa puissance, de sa force et de sa gloire. Il découvrit qu’ils l’avaient bel et bien fortifiée et qu’ils avaient solidifié la citadelle. Il dit alors : « Il est dans notre intérêt de commencer par prendre les forteresses autour de la ville, puis de revenir ensuite contre eux, afin qu’aucun ne puisse nous résister. » Il se consacra donc à conquérir les forteresses, l’une après l’autre, avant de revenir vers eux et d’ébranler, une à une, les colonnes de leur pouvoir. C’est ainsi qu’il s’empara de Baza‘a (5) et de Manbij, puis se dirigea vers ‘Azāz.

Les habitants d’Alep envoyèrent demander de l’aide à Sinān, qui dépêcha un groupe des siens pour tuer Ṣalāḥ al-Dīn. Certains infiltrèrent son armée, déguisés en soldats, et livrèrent un combat acharné, allant jusqu’à se mêler à ses troupes. Un jour, ils saisirent leur chance alors que le sultan se trouvait à découvert parmi les gens. L’un d’eux se rua sur lui et le frappa à la tête avec un couteau, mais le sultan était protégé par son casque, si bien que Dieu le préserva. Le couteau le blessa cependant légèrement à la joue. Le fedāwī lui saisit alors la tête, la plaqua au sol pour l’égorger, et ceux qui se tenaient autour en furent d’abord déconcertés. Puis, reprenant leurs esprits, ils se jetèrent sur cet homme, le tuèrent et le mirent en pièces. Aussitôt, un autre assaillant se précipita sur le sultan et fut tué, avant qu’un troisième ne se rue sur l’un des émirs, subissant le même sort. Le quatrième, qui avait pris la fuite, fut rattrapé et tué, et le combat cessa ce jour-là.

Ensuite, le sultan insista pour prendre la ville, et il la conquit. Il l’attribua à son neveu, Taqī al-Dīn ‘Umar ibn Shāhanshāh ibn Ayyūb. Sa colère contre les habitants d’Alep était devenue très vive à cause de leurs agissements, des fedāwīs qu’ils avaient envoyés contre lui et de l’audace avec laquelle ils l’avaient attaqué.

(1) C’est uniquement tiré de Ṭ. (2) Dans Ṭ: «leur ... à vous». (3) Dans Ṭ: «Lorsque les armées retournèrent à Alep, elles étaient dans un état encore pire et ils regrettaient d’avoir rompu leurs serments.» (4) Il existe un désaccord dans ce passage entre Ṭ et les deux sources originales, que j’ai omis en raison de sa longueur. J’ai retenu la version des sources A et B. (5) Dans toutes les sources : Marāgha, et Bazāʿa : avec un fataḥa ou un kasra sur le bâ, et certains disent avec un kasra court, Bazāʿā: c’est une localité relevant du district d’Alep, située entre Manbij et Alep. Voir Le Dictionnaire des Pays (Muʿjam al-Buldān).
الجواري والمغنيات، وقد كان معه أكثر من مئة مغنية، وردّ الأقفاص وآلات اللهو (١) واللعب إِلى حلب، وقال: قولوا له (٢) : هذه أحب إِليك من الركوع والسجود والحرب. ووجد عسكر المواصلة كالحانة من كثرة الخمور والبرابط والملاهي، وهذه سبيل كل فاسق، من هو عن طريق الخير ساهٍ لاهٍ. [فصل] لما رجع الحلبيون إِلى حلب فاؤوا بشرّ منقلب، وندموا على نقضهم الأيمان (٣) ، ومخالفتهم طاعة الرحمن، وشقّهم العصا على السلطان، فحصَّنوا البلد، خوفًا من وثوب الأسد، وأسرع صاحب الموصل فوصلها، وما صدَّق حتى دخلها. وأما (٤) السلطان صلاح الدين، فإِنه لما فرغ من قسمة ما غنم، مما تركه من عطب ومن سلم، أسرع السير إِلى حلب الشهباء، وهو في غاية السطوة والقوة والعزة القعساء، فوجدهم قد حصّنوها، والقلعة قد أحكموها، فقال: من المصلحة أن نبادر إِلى فتح الحصون التي حول البلد، ثم نعود إِليهم فلا يمتنع علينا منهم أحد. فشرع بفتح الحصون حصنًا حصنًا، ثم يعود إِليهم ويهدم من أركان دولتهم ركنًا ركنًا، ففتح بزاعة (٥) ومنبج، ثم صار إِلى عَزاز، فأرسل الحلبيون إِلى سنان، فأرسل جماعة من أصحابه ليقتلوا صلاح الدين، فدخل طائفة منهم في جيشه في زي الجند، فقاتلوا أشد القتال، حتى اختلطوا بهم، فوجدوا فرصةً ذات يوم، والسلطان ظاهر للناس، فحمل عليه واحد منهم فضربه بالسكِّين على رأسه، فإِذا هو محترس منهم باللأمة، فسلمه الله، غير أن السكين مرت على خده، فجرحته جرحًا هينًا، ثم أخذ الفداوي رأس السلطان، فوضعه إِلى الأرض ليذبحه، ومن حوله قد أخذتهم دهشة، ثم ثاب إِليهم عقلُهم، فبادروا إِلى الفداوي فقتلوه وقطعوه، ثم هجم آخر في الساعة الراهنة على السلطان فقُتل، ثم هجم آخر على بعض الأمراء فقُتل أيضًا، وهرب الرابع فأُدرك فقُتل، وبطل القتال ذلك اليوم، ثم صمم السلطان على البلد ففتحه وأقطعه ابن أخيه تقي الدين عمر بن شاهنشاه بن أيوب، وقد اشتد حنقه على أهل حلب، لما فعلوا ولما أرسلوا من الفداوية إِليه، وإِقدامهم عليه.
(١) عن ط وحدها. (٢) ط: لهم .. إِليكم. (٣) ط: فلما رجعت الجيوش إِلى حلب وقد انقلبوا شر منقلب وندموا على ما نقضوا من الأيمان. (٤) في هذا المقطع خلاف في الرواية بين ط والأصلين تركتها لكثرتها. وأثبت رواية أ، ب. (٥) في الأصول كلها: مراغة، وبزاعة: بضم الباء وكسرها، وقيل بالقصر، بزاعا: وهي بلدة من أعمال حلب بين منبج وحلب. معجم البلدان.

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