Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’année cinq cent soixante et onze de l’Hégire. Au cours de celle-ci : les Francs demandèrent au sultan Ṣalāḥ al-Dīn, qui avait alors établi sa résidence à Damas dans la plaine de Marj al-Ṣuffar, de conclure une trêve avec eux ; il leur répondit favorablement [car la Syrie était touchée par la sécheresse, et il en avait besoin].

Il envoya alors son armée, accompagnée du Qāḍī al-Fāḍil, en Égypte, pour qu’elle puisse y recueillir les revenus et revenir ensuite, tandis que lui-même demeurait en Syrie. Il s’en remit à son secrétaire al-ʿImād pour remplacer [l’homme le plus éloquent au service de ces contrées, à savoir le Qāḍī al-Fāḍil, modèle des savants et des éminents, recours des chercheurs, ornement des assemblées, ornement de l’Islam, dont la parole est plus acérée qu’une épée. Cependant, le sultan eut besoin de l’envoyer en Égypte pour qu’il y remplît la fonction d’observateur et de soutien, et qu’il y fût une langue éloquente pour s’en faire l’interprète, de sorte qu’il fallait bien le remplacer. Il n’y avait personne de plus cher ni de plus aimé de lui que lui].

[Vers] : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que Sulaymā fut substituée à Laylā… mais les nécessités ont leurs lois. »

Le sultan résolut de demeurer en Syrie [les terres du sultan (4)], ce qui semblait la décision la plus avisée et la plus réfléchie, afin de garder la main sur les provinces nouvellement conquises, par crainte d’être surpris par une offensive dans la région.

Lorsque Saladin envoya ses troupes en Égypte et ne resta qu’avec un petit nombre [6] de soldats, il se confia à Dieu pour la victoire. À ce moment, l’émir de Mossoul, Sayf al-Dīn Ghāzī (fils du frère de Nūr al-Dīn), écrivit aux notables d’Alep pour leur reprocher la réconciliation conclue entre eux et le roi Ṣalāḥ al-Dīn, alors qu’il se trouvait lui-même occupé à assiéger son frère ʿImād al-Dīn Zankī à Sinjār. Un tel acte, selon lui, n’était pas digne. Le seul motif de son conflit avec son frère tenait à son refus de se soumettre au roi al-Nāṣir et à ses proches. Il se réconcilia ensuite avec son frère lorsqu’il reconnut la force d’al-Nāṣir et de ses partisans, puis il incita les gens d’Alep à rompre leurs engagements et à les rejeter, si bien qu’ils lui envoyèrent les traités par lesquels ils s’étaient engagés et l’appelèrent à les rejoindre. Il sollicita alors l’aide de Dieu.

(1) Édition : Il réside à Marj al-Ṣafr. (2) N'existe pas dans le manuscrit A. (3) Leur place dans l'édition : al-Qāḍī, personne qui lui était la plus chère. (4) N'existe pas dans l'édition. (5) Dans le manuscrit B : « min » (de). (6) Édition : « ṭāʾifa yasīra » (un petit groupe). (7) Sa biographie a été précédemment mentionnée dans les notes de l'année 570 de ce volume. (8) Édition : occupé à combattre son frère et à le tenir assiégé, lui qui était ʿImād ad-Dīn Zangī à Sinǧār. (9) Manuscrits A et B : « sauf son adhésion » — dans A : « son appartenance » — à l'obéissance au roi an-Nāṣir. (10) Manuscrits A et B : au rejet des traités envers le roi Ṣalāḥ ad-Dīn.
ثم دخلت سنة إِحدى وسبعين وخمسمائة فيها: طلب الفرنج من السلطان صلاح الدين، وكان قد أقام (١) بدمشق في مرج الصُّفَّر، أن يهادنهم فأجابهم إِلى ذلك، [لأن الشام كان مجدبًا فاحتاج إِلى ذلك] (٢) ، وأرسل جيشه صحبة القاضي الفاضل إِلى الديار المصرية، ليستغلوا المغل، ثم يقبلوا، وعزم على المقام بالشام، واعتمد على كاتبه العماد عوضًا عن [أفصح العباد، بتلك البلاد، وهو القاضي الفاضل، قدوة العلماء والأماثل، ورحلة الطالبين، وزين المحافل، زين الإسلام، ومَنْ لسانه أحدّ من حسام، ولكن احتاج السلطان إِلى إِرساله إِلى الديار المصرية ليكون عينًا وعونًا له بها، ولسانًا فصيحًا يعبّر عنها، فاحتاج أن يتعوض عنه، ولم يكن أحد أعز عليه ولا أحبّ إِليه منه] (٣) . [من الطويل] وَمَا عَنْ رِضَىً كَانَتْ سُلَيْمَى بَديلةً … بِلَيْلَى ولَكِنْ للضَّروراتِ أَحْكامُ وكانت إِقامة [السلطان ببلاد] (٤) الشام، هو غاية الحزم والتدبير والإلهام، ليحفظ ما استجد من الممالك، خوفًا عليه من سطوة ما (٥) هنالك. ولما أرسل الجيوش إِلى مصر، وبقي في طائفة (٦) قليلة من عسكره، والله قد تكفل له بالنصر، كتب صاحب الموصل سيف الدين غازي (٧) ابن أخي نور الدين، إِلى جماعة الحلبيين، يلومهم على ما وقع بينهم وبين الملك صلاح الدين من المصالحة، وقد كان إِذ ذاك مشغولًا بمحاصرة أخيه عماد الدين زنكي (٨) بسنجار، وليست هذه بفعلة صالحة، وما كان سبب قتاله لأخيه إِلا لكونه أبى طاعةَ (٩) الملك الناصر وذويه، فاصطلح مع أخيه حين عرف قوة الناصر وناصريه، ثم حرَّض الحلبيين على نقض العهود، ونبذها إِليه (١٠) ، فأرسلوا إِليه بالعهود التي عاهدوه عليها، ودعوه إِليها. فاستعان بالله
(١) ط: وهو مقيم بمرج الصفر. (٢) ليس في أ. (٣) مكانهما في ط: القاضي، ولم يكن أحد أعز عليه منه. (٤) ليس في ط. (٥) ب: من. (٦) ط: طائفة يسيرة. (٧) تقدمت ترجمته في حواشي سنة ٥٧٠ من هذا الجزء. (٨) ط: مشغولًا بمحاربة أخيه ومحاصرته وهو عماد الدين زنكي بسنجار. (٩) أ، ب: إِلا إِباؤه -في أ: انتماؤه- إِلى طاعة الملك الناصر. (١٠) أ، ب: على نبذ العهود إِلى الملك صلاح الدين.

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